Fréquenter toujours le ou les mêmes festival(s) donne un sentiment de confort, mais aussi le risque de se blaser et de passer à côté de sensations particulières et dépaysantes comme, par exemple, patauger 48 heures dans la boue à manger de la wurst, en écoutant les dieux du trash metal. Une seule expérience de festival en Bretagne (une journée à .../...
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Fréquenter toujours le ou les mêmes festival(s) donne un sentiment de confort, mais aussi le risque de se blaser et de passer à côté de sensations particulières et dépaysantes comme, par exemple, patauger 48 heures dans la boue à manger de la wurst, en écoutant les
dieux du trash metal. Une seule expérience de festival en Bretagne (une journée à
Art Rock 2008 à Saint-Brieuc) est par ailleurs restée un très grand souvenir, magré une tragique rupture de stock en galettes-saucisses à 23 heures.
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De plus, on a remarqué que cette soirée du 14 août à Saint-Malo concentrait des artistes qu'on a adorés (Massive Attack et son égérie), et d'autres qu'on a ratés en juillet aux
Eurockéennes pour cause de timing (Foals principalement, mais aussi Two Door Cinema Club), le tout saupoudré de groupes participant au buzz du moment, The Hundred in the Hands & We Have Band. Selon nos propres critères, de quoi envisager sérieusement de traverser deux fois la France pour découvrir, selon des gens bien informés, l'un des plus fameux festivals de moyenne jauge de France. En rail pour la
Route du Rock de Saint-Malo !
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Pas moyen par contre (les TGV vont vite, mais quand même) en se levant à Marseille le matin, de voir sur scène l'intrigante pop dérangée de
DM Stith, programmé trop tôt, ou encore la jolie Hope Sandoval. Surtout si cette PUTAIN DE NAVETTE DE MERDE y met du sien : 1 h 05 d'attente (pour un passage annoncé "toutes les 30 minutes" et quelques bouchons à la clé : la pluie y est sans doute pour quelque chose, mais l'organisation déplorable de l'accès aussi... Plusieurs personnes dont l'auteur de ces lignes auraient volontiers tué le chauffeur bêta qui s'est finalement présenté, si ça n'avait pas risqué de ralentir encore le processus. Résultat : pas vu la charmante
Martina Topley-Bird dont le troisième disque tout en douceur,
Some Place Simple donne pourtant des chaleurs à notre iPod depuis quelques semaines. Grrrrr...
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Fort heureusement on tombe directement sur nos camarades accrédités de Concertandco : Flore-Anne et ses appareils sophistiqués, Pierre et ses bières diaboliques... De quoi se remettre de bonne humeur d'autant que la pluie a finalement décidé, après nous avoir poursuivi dans toute la France et avoir totalement ruiné le site du Fort de Saint-Père, de nous lâcher un peu les baskets. Qu'on aura donc rapidement pleines de boue mais enfin, on a pied partout... Et notamment sur ces banquettes formées de sacs de sable aux couleurs du Festival, excellente idée qui permet, de temps en temps, de pouvoir poser ses fesses quelque part. Le site est de petite taille et tout est bien indiqué : en 5 minutes, le néophyte y a trouvé ses marques, pour se remplir comme pour se vider.
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Hélas, un vacarme presque un peu pénible vient de la scène :
The Hundred in the Hands n'avait pas réellement retenu notre attention sur une brêve écoute avant festival, et ne s'est pas avéré un groupe inoubliable non plus en live. Leur électro pop joué tout à fond et en mono, malgré une fort jolie chanteuse brunette, au look un peu trop sage, et un guitariste pas mauvais du tout, ne cédant d'ailleurs pas toujours à la simplicité. Problème, pas vraiment de chansons transcendantes non plus : pas de quoi casser des briques, dans une place fortifiée par Vauban. En tout cas, le silence qui suit leur prestation nous donne autant, voire beaucoup plus de plaisir que leur concert !
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Le premier album de
Foals, assez intello, nous avait laissé de marbre, mais pas le deuxième,
Total Life Forever, situé à la confluence d'influences bien digérées de Editors, Radiohead ou Bloc Party, et qui squatte régulièrement nos oreilles depuis sa sortie, même si on a pas trop mémorisé ses titres de chansons. La première est facile :
Total Life forever!, joué prestement par ces 5 bons musiciens, avec un son nettement amélioré. On tombe alors sur Boby "Le Job le plus Cool de l'Eté" Allin et ses petits camarades, qui couvrent également le festival - la Société Générale sait-elle que le garnement arbore pour la représenter un K-way jaune fluo et un bonnet péruvien ? Maintenant, oui...
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Pendant ce temps,
Foals baisse le tempo avec la jolie
Miami, puis le réaccélère avec
After Glow et sa guitare très Radiohead, pas mal : le groupe a trouvé le juste équilibre entre un son "live" nécessairement plus costaud, et le maintien de la subtilité de ses compositions dans le dosage du son. Puis vient un titre très Bloc Party (
Alabaster ?) où l'on décide, tiraillé par la faim, de partir chasser la galette-saucisse (pour finalement revenir avec un riz frit thaïlandais). C'est donc de loin qu'on suit la montée progressive et très esthétique de
Spanish Sahara, une de leurs plus belles compositions à la fin assez intense, et sans doute le climax du concert. Ces garçons sont très bons musiciens et on sent qu'ils ont travaillé leurs nouveaux titres avec passion.
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Sauf erreur, ils n'ont même pas joué
Blue Blood ni la très prenante
This Orient, ce qui montre de belles réserves de bonnes chansons ! Le groupe pioche évidemment aussi un peu dans son premier disque qu'on connaît moins, pour se livrer à de longs instrumentaux électro-pop très plaisants, et finir sur "le tube sautillant du premier album". Au final un concert très bien fichu et bien dosé : rien de révolutionnaire mais une vraie bonne sensation sur scène que les
Foals, garçons certes chevelus, mais sympathiques et modestes par ailleurs - d'ailleurs les nombreux anglais présents sur le site ne parlaient que d'eux en fin de soirée, c'est un signe qui ne trompe pas. Après tout quand notre pays accouche des BB Brunes, le leur accouche des Bishops, c'est dire...
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On a pas oublié, c'est même une des raisons de notre présence ici, que
Massive Attack a donné un concert fascinant et parfois même bouleversant à
Evette-Salbert. Tête d'affiche médiatique du festival, ils sont impatiemment attendus et tout le monde essaye de bien se placer (y compris une personne de petite taille non identifiée qui me verse en passant, certes sans malice, au moins un demi-verre de quelque chose pile à l'entrejambe - de quoi attraper bêtement un rhume. En tout cas la jauge raisonnable du site permet de se rapprocher assez facilement, même parmi une foule chauffée à blanc - à noter, les bretons étant des gens aimables et polis, on se fait très peu bousculer ici, en comparaison avec d'autres festivals...
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L'intro en méga-basses prouve que l'amplitude énorme du son du groupe ne perd rien à cette scène un peu plus petite, ni même la fameuse bande lumineuse derrière eux, qui déroulera comme toujours force messages, titres de dépêches en français, statistiques géopolitiques fascinantes et explosives, infamies proférées par les abrutis pré-fascistes que les français ont porté au pouvoir en allant (ou en allant pas) voter, et citations puissantes sur la liberté d'expression, prononcées par de grands hommes. Quizz : qui a dit "Les innocents n'ont rien à craindre" en parlant de vidéo-surveillance, le Kaporal Brice Hortefeux ou Nelson Mandela ?
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La belle
Martina Topley-Bird est venue ouvrir le bal avec la très nerveuse
Babel, puis le géant
Grant Marshall avec la sépulcrale
Risingson, et après eux,
Horace Andy ("what can I say ? This man is a fucking legend !" commente
Robert del Naja qui ne sait plus comment le présenter, à force) et la magnifique
Girl I Love You, qui sonne déjà comme un classique. Peut-on rêver meilleur trilogie pour débuter un concert ? Le set continue avec un passage tellurique :
Future Proof, que chante
3D de sa voix nasale/atonale si étrange, avant de danser et s'éclater comme un fou.
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La set-list comporte une nouveauté inattendue (un duo électro entre
3-D et
MT-B, assez fascinant), une autre transe tribale avec
Mezzanine, gutturalée par Grant et qui fait vibrer les corps, et l'un des points culminants de ce soir à notre goût, l'hypnotique
Angel chantée par Horace comme en apesanteur, et dont la fin nous fait pratiquement headbanguer... Et à point nommé, comme toujours, un ange se présente (qui a en plus retiré son vilain poncho) : Martina chante
Teardrop dans différents niveaux de réalité, dont un où la superbe créature ne chante que pour moi, la Bretagne entière ayant disparu. Evidemment, c'est sublime ! Mais en jouant habilement le chaud et froid, le groupe nous ramène dans les profondeurs avec l'électro sombre d'
Inertia Creeps...
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Avant de redécoller avec la mystique
Splitting the Atom, qui confronte les trois chanteurs aux tonalités toutes différentes et toutes hors du commun, tandis que Martina assure les claviers. Puis la "nouvelle" chanteuse qu'on craignait de ne pas voir ce soir (
Debrah Miller ?) vient joliment interpréter l'inusable
Safe from Harm, conclue par un long moment instrumental assez fascinant et la sortie du groupe. Le public bouillant s'égosille et les fait revenir pour jouer
Atlas Air et... c'est tout. Le concert a pourtant eu la bonne durée - mais génère une petite frustration de ne pas avoir entendu certains titres (on attendait
Psyche, et puis
Unfinished Sympathy qui nous a quand même foutu notre chair de poule de l'année en juillet). Et néanmoins, prestation d'une classe encore une fois éblouissante par un groupe qui a retrouvé avec ce nouvel album tout son plaisir à jouer...
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Il se produit encore un passage un peu magique pendant le changement de plateau, un enchaînement de
Madame Rêve de Bashung avec le thème de Twin Peaks, donnant une soudaine étrangeté à l'ambiance. Le reste de la soirée ne peut évidemment pas rivaliser en intensité ni en intérêt, mais il reste deux groupes à vocation "ludique". Et puis si
Two Door Cinema Club ne révolutionnera pas la face du monde, il n'en reste pas moins que son premier disque peut occuper agréablement un espace sonore, tout en laissant du temps de cerveau de libre. Les jeunes gens au look Franz Ferdinand - en bien moins beaux, sont en outre plus tournés vers l'électro-pop hédoniste : ils attaquent sauf erreur avec la guillerette
What you know et sa guitare qui pérore dans les aigüs, sympa et bien sûr boostée en live.
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De même
Do you want it all est entêtante à souhait, et le groupe fait danser les filles sans difficultés sur ses titres enlevés comme
Cigarettes in the theatre, très Vampire Weekend et qui fait un petit carton, tout comme
This is the life, plus banale. On en profite donc pour aller assouvir enfin notre fantasme de galette-saucisse, et suivre une partie du concert depuis l'écran géant un peu boueux, placé à l'arrière : il s'avère que leur tube potentiel semble être
You're not stubborn, refrain catchy qui nous laisse pourtant un peu froid, au contraire d'
I can Talk (celle qui fait "ah oh ah ah oh"), à la guitare vrillante très Editors, irrésistible, qui sera la dernière et aussi, notre préférée ce soir. Du beau boulot.
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A ce moment, à 2 heures bien sonnées, on peut dire qu'on a atteint la phase endurance, d'autant qu'il n'y a rien pour s'asseoir (les sacs de sable sont inatteignables) - on s'occupe en flânant dans les vinyles, mais le temps est bien long : les petits slips de Concertandco sont partis se coucher, on croise heureusement un ancien camarade marseillais, le Norvégien, bon géant blond parti sous d'autres latitudes. On ne connaît de
We Have Band que quelques singles pétaradants et diablement efficaces, et une bonne réputation sur scène. Le groupe apparaît tout vêtu de blanc, et on ne voit d'abord que sa chanteuse-batteuse synthétique, dont le jeu de baguettes debout (je tape la même chose des deux mains), n'est pas sans rappeler celui de la plantigrade femelle qui tient ce poste chez les ignobles Glasvegas...
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Le chanteur black, plus intéressant, a une voix plaisante quoique pas toujours juste, sous influence new wave des années 80, tout comme la meilleure partie de leur musique. Leurs incursions électro-pop sont nettement moins originales, un passage techno-rock est plus intéressant (mais nécessiterait une implication physique dont on est plus capable). Quand on décide donc de lâcher l'affaire, l'ambiance est encore au top dans les premiers rangs, qui se rejouent pratiquement la guerre des Malouines (ouf, j'ai failli ne pas réussir à la placer, celle-là) sur le très con mais très efficace single
Oh !.
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La navette retour, rapide et agréable, sera un baume pour le coeur alors qu'on s'attendait (vu l'arrivée) à galérer encore longuement pour regagner Saint-Malo... Au final, en y ajoutant le lendemain une découverte magnifique de Saint-Malo intra-muros à la fraîche avant de reprendre le train, voilà un déplacement qui aura valu le coup, malgré quelques aléas de transport et de pluie qui ont un peu compliqué les choses. On retiendra en tout cas la leçon pour revenir, espérons-le, un jour à la
Route du Rock : arriver impérativement la veille, et prendre les premières navettes ! Et bien sûr, tant qu'à faire, rester au moins deux jours et enfin, ramener beaucoup plus de kouign aman...
Quelques
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