Jusqu'ici tout va bien : alors que l'on entame la dernière journée marathon des Transmusicales de Rennes 2009, le public se presse toujours autant aux concerts, l'ambiance est plus que jamais extrêmement chaude et les découvertes musicales se succèdent à un rythme effréné... Comme c'est désormais traditionnel aux Trans, la programmation du .../...
...effréné... Comme c'est désormais traditionnel aux Trans, la programmation du samedi soir est principalement axée sur le boom boom électronique (avec une extinction des feux prévue à 7h10 du matin, aie, aie, aie !) et le peuple électro a fait le déplacement en masse et... chargé à bloc ! La soirée affiche complet et tout le monde s'apprête à voirdéferler une avalanche d'artistes venus pour faire danser les gens, à l'exception de quelques groupes ayant fait le déplacement pour faire planer ou rocker sévèrement.
Rodriguez
Après avoir assisté aux concerts de
The Agitator (unesorte d'
Elvis sans guitare) et de
Naomi Shelton (grande prêtresse de la soul music), c'est l'esprit guilleret et avec une belle envie de croquer à pleines dents les concerts que l'on se rend en quatrième vitesse au Parc des Expos. Las, la maréchaussée, non contente de contrôler chaque voiture tous le soirs au retour, a égalementdécidé de provoquer un bouchon avec un barrage très filtrant à l'aller... 30 minutes de perdues, mais après cette péripétie, l'arrivée s'effectue heureusement au son du revival folk 'n soul psyché de
Rodriguez... Si l'homme est fatigué et un peu marqué par les années (il tourne pour promouvoir des disques sortis en 1970 et 1971 !), sa voixreste très marquante (on pense à
JJ Cale et à
Arthur Lee) et ses morceaux, qui évoquent par certains aspects ceux de
love, réussissent sans problème à emmener loin, très loin. Presque jusqu'à Detroit, Michigan, où ce Mexicain buriné et rêveur a passé toute sa vie. Avec l'âge canonique qu'il affiche au compteur, le crooner folka bien sûr un peu de mal à enchainer les morceaux (ou à accorder sa guitare) et il est accompagné par de jeunes loups qui, s'ils font bien leurs jobs, placent des solos un peu trop souvent. La guitare électrique gagnerait par exemple à être moins bavarde mais l'ensemble reste classieux, tout en donnant envie de se procurer les disques et d'ensavoir plus sur cet énigmatique et philosophe (
"Free love is too expensive !",
"The Boys make the noise but the girls rule the world..." a méditer.) songwriter. C'est donc avec joie que le public réserve un triomphe à
Rodriguez. Un artiste à revoir dans une salle intimiste...
The Japanese Popstars
Changement radical de style et d'atmosphère (on passe du recueillement à l'hystérie collective) avec la prestation enflammée et imparable des Irlandais du Nord de
The Japanese Popstars, un gang de trois terroristessonores envoyant des bombes sur le dance floor sans s'arrêter une seule seconde. Leur formule - magique ! - est simple et hyper efficace : sous un light show démentiel et avec un son énormissime, les soi disant popstars japonaises bidouillent admirablement beats, bleeps, synthés défoncés et samples sur de courtes intros accrocheuses avantd'embrayer immédiatement sur un bombardement sans répit de rythmes monstrueux.
En un clin d'œil, l'immense Hall 9 est transformé en plus grande discothèque du monde agitée de soubresauts électroniques. Sans connaitre cette musique préalablement, on se laissedélicieusement bousculer par une aussi puissante attaque en règle des éventuelles réticences à danser. Attention, les titres électro éminemment rock de
The Japanese Popstars (qui n'ont certes rien inventé mais qui savent composer des morceaux ultra efficaces) sont de nature à rendre fou à lier sur une piste de danse...
BLK JKS
Re changement d'ambiance avec le show un peu déroutant des Sud Africains de
BLK JKS qui pratiquent un mélange osé entre rock psyché, world barré, afro beat envoutant, reggae stellaire et dérapages expérimentaux... Oui, sur la papier cela parait osé ! Et sur scène, ça l'est aussi ! Il faut doncvraiment s'accrocher pour trouver une cohérence et une porte d'entrée fonctionnant dans cet univers touffu, versatile et impossible à ranger dans une case. Car si l'on pense à
Fela Kuti et à
Keziah Jones sur les titres franchement africains et chantés, on se retrouve souvent dans une sorte de fourre tout à la fois rock 'n roll etworld façon
TV On The Radio (sur les titres où la pédale de distorsion est enclenchée et où le voyage spatial est conseillé). La musique de
BLK JKS se révèle donc très difficile à cerner et souvent un peu trop bordélique et virtuose. Les quatre musiciens maitrisent leurs instruments à fond, ce qui leur autorise quelque solos etpassages trop techniques à notre goût. C'est en alternant les compositions autorisant le décollage stellaire de l'auditeur et les morceaux laissant de marbre que
BLK JKS déroule son set, qui vide quand même un peu la salle, il faut bien l'avouer... Cela dit, ce combo fait partie des trop rares défricheurs cherchant à faire bouger les lignesen matière de démarcation entre les styles et à essayer de créer la musique du quatrième millénaire. Saluons l'effort et attendons la suite de leurs aventures...
Mr Oizo
Le va et vient entre les différents Hall continue de plus belle, nousamenant à nous faire admirablement retourner par le set stratosphérique, branleur, haché, virevoltant et hyper bien mené de l'hurluberlu électronqiue
Mr Oizo... Le son est titanesque, les lumières sont vrillantes et l'ambiance dans le public est explosive pour accueillir à bras ouverts Mr Oizo, qui entre deux remix de
Daft Punk et unde son légendaire
Flat beat envoie la grosse artillerie électro techno house rock.
La prestation truffée de breaks et de clins d'œil du génial (et visiblement très attendu) électronicien fait l'effet d'un tsunami sur le Hall 9 : sur la piste et dans les gradins,ça hurle, ça lève les mains, ça slamme et ça essaye de tenir en équilibre débout sur les épaules de ses copains... Les
Chemical Brothers, Justice et
Daft Punk on trouvé à qui parler en matière de sets d'anthologie propulsant le public au paradis ! A voir en live pour se prendre une bonne baffe dans la tronche !
The Carps
La soirée se termine pour nous avec le concert démoniaque, enlevé et vrillant du duo Canadien de
The Carps, qui ne sont vraiment pas restés muets dans le Hall 3... Pour faire court et décrire vite fait cet excellent et prometteur combo trèsexcité, on dira que
The Carps propose la synthèse parfait entre la soul music, la pop et le punk rock. Pour ce faire, un batteur chanteur avec une jolie voix (parfois presque trop travaillée) à la Bloc Party délivre des rythmes afro world impérieux pendant que son unique acolyte scénique s'échine à sortir de sa guitare des riffs distordus etdécérébrants. L'effet est garanti : on trépigne, on crie et l'on ressent une violente envie de se mettre illico presto la tête à l'envers...
The Carps est un super groupe de scène à revoir dès que possible.
Il est temps de partir se reposer les oreilles, les neurones et le corps en général avec la tête remplie des très beauxmoments passés sur ces Trans 2009. A l'année prochaine !
Sites internet :
www.lestrans.com,
www.myspace.com/thejapanesepopstars,
www.myspace.com/blkjks,
www.myspace.com/thecarps,
www.myspace.com/oizo3000.
A lire également, des chroniques sur les Trans 2009 et 2008 :
Gablé + Cass McCombs + Brightblack Morning Light, Naomi Shelton And The Gospel Queens + The Agitator, FM Belfast + The Phantom Band + Chocolate Donuts + Fever Ray + Slow Joe & The Ginger Accident + Detroit Social Club + Major Lazer , Fever Ray, The Whitest Boy Alive + VV Brown + Abraham Inc feat. David Krakauer, Fred Wesley & SoCalled + Hook & The Twin + An Experiment On A Bird In The Air Pump, Slow Joe & The Ginger Accident + Transformer + Peter Winslow, The Residents +Iglu & Hartly + Creature, White Rabbits, John & Jehn + Esser + We have Band, Bon Iver, Jay Reatard, The Black Angels, The Deathset, Miss Platnum et Cage The Elephant.
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