Montée en puissance pour la quatrième édition de Festival Europavox à Clermont-Ferrand du 27 au 31 mai... Un événement recentré cette année sur la Coopérative de Mai et sur deux chapiteaux Magic Mirrors situés juste devant celle-ci, avec une programmation plus alléchante que les années précédentes (qui avaient néanmoins permis d'assister à de .../...
...années précédentes (qui avaient néanmoins permis d'assister à
de bons concerts) ... Si la route est longue pour atteindre le niveau des Trans Musicales de Rennes, du Printemps de Bourges ou de La Route du Rock,l'édition 2009 d'Europavox réserve néanmoins de belles surprises musicales européennes. En cette période de crise latente et de manque de curiosité flagrant, les grosses têtes d'affiches consensuelles sont incontournables sous peine de subir un retentissant flop : les désespérants, très commerciaux et omniprésents
Olivia Ruiz, DJ Zebra et
Sliimy se sont donc succédés sur scène depuis le début du festival. Et ce soir, il va falloir subir la "révélation"
CharlieWinston... Mais tant qu'on a droit à des concerts classieux et à des découvertes à côté, il n'y a pas grand-chose à redire. Compte rendu de la soirée du 29 mai 2009 :
Triggerfinger : sévèrement burné.
Tout commence pour nous avec le set surpuissantet sexuel de
Triggerfinger, des Belges énervés se faisant fort de monter que dans le plat pays on peut faire du rock sévèrement burné à la
Queens of The Stone Age et à la
Eagles Of Death Metal... Le superbeMagic Mirrors qui abrite le concert sonne un peu creux mais les personnes présentes ont droit à un traitement de faveur : riffs de guitare électrique en acier trempé, chant sexy allant des notes basses les plus profondes aux aigues les plus féminins (ça excite les filles, parait-il... ), section rythmique d'airain. Sorte de machine de guerrescénique,
Triggerfinger appuie sur la gâchette et tient en joue son auditoire pendant toute la durée de son set ; sans être franchement originale, la musique de ce power trio stoner a le mérite d'être hyper efficace et d'échauffer les sens. C'est un bon début, non ?
I'm From Barcelona : euphorisant.
Direction la Coopérative de mai, qui se situe à 200 mètres, pour le set euphorisant des doux dingues d'
I'm From Barcelona, qui avaient marqué les
Trans Musicales de Rennes2006 avec leur fraîcheur folk pop... Dans la moiteur du lieu (la salle affiche complet à cause de la présence de
Charlie "Hobo" Winston, les 16 musiciens complètement foutraques font bonne impression, malgré le côté moins bien foutu et plus rock de leurs nouvelles compositions. L'énergie, la joie de vivre et le spectacle permanent surscène (diverses facéties, canons à confettis et jet de gros ballons rouges... ) emportent néanmoins l'adhésion : tout le monde semble content d'être là, c'est la fête, on est tous des hippies suédois, et l'on chante la, la, la, la, la, la, la.... Les meilleurs moments sont les morceaux du premier album et les séances de chorales débridées où tous lesmusiciens vocalisent en chœur, avec le public comme support de choix.
I'm From Barcelona se situe clairement dans la deuxième division des groupes de la scène
Flaming Lips, The Polyphonic Spree et
Arcade Fire mais son enthousiasme communicatif permet de passer d'agréables instants.
ZZZ : de quoi faire danser et rocker jusqu'au bout de la nuit...
Quand on rejoint - à grandes enjambées - le Magic Mirrors, on a l'impression en s'approchant d'entendre Joy Division en train de jouer ... A l'intérieur, c'est le furieux duo néerlandais
ZZZ qui propose un setsurvolté et percutant entre
Suicide, Joy Division et
Iggy Pop. Avec un batteur/chanteur très à l'aise dans les graves (moins dans les aigus à notre avis) ou dans le massacre de peaux et un organiste/électronicien complètement essentiel,
ZZZ a de quoi faire danser et rocker jusqu'au bout de la nuit. Si son dernier album nous afait moins bonne impression que l'excellent
Sound of ZZZ, le cocktail explosif offert au public d'Europavox est véritablement réjouissant ! Les machines, les instruments et les hommes sont positivement chauffés à blanc, pour un résultat électro rock garagepost punk du meilleur effet. A voir sur scène !
Araban : ça déchire !
Un autre groupe à voir sur scène, c'est le fameux combo surf rock
Araban, fil rouge (c'est quoi, ça ?) du festival Europavox 2009, "contraint" de jouer partout dehors pendant leschangements de plateau. Ce qui est bien cool, mais
Araban aurait mérité de jouer sur une vraie scène au moins une fois pendant le festival, non ? Passons... Toujours est-il que même sur du gazon, avec les ampli posés dans la rosée et avec le saisissante fraîcheur du soir,
Araban déchire véritablement dès qu'il envoie la purée à l'aidede guitares, basse et batterie :
compositions ultra marquantes, mélodies accrocheuses, son de dingue, ambiances gypsy surf rock, cris de fous dangereux, il y a là de quoi pousser des hourrah de joie à chaque fin de morceau. Ce que fait lepublic, nombreux et ravi...
Charlie Winston : Like a bobo...
L'ASM Clermont Auvergne vient de gagner son match contre Toulouse (personnellement on s'en tamponne royalement, hein ! ), les derniers retardataires fans de rugby sont arrivés, toutes lesconditions sont donc réunies pour que le très attendu
Charlie Winston triomphe, comme prévu : il pourrait jouer du ukulélé à une corde en éructant des poèmes en grec, que ça plairait quand même au public de bobos conquis d'avance. Mais, toujours classe, beau gosse, bon chanteur, super showman, souriant et francophile (
"ça va Clermont ?merci beaucoup !" etc etc), il fait plutôt bonne impression le Charlie. Sa musique sans aspérités n'est pas plus intéressante que cela, elle est même de nature à donner une violente envie de rock ‘n roll outrancier mais bon, chacun ses goûts. Après tout, on a parfaitement le droit d'aimer le folk ‘n blues groovy variété FM. On peut aussifantasmer pendant des heures sur la success story de Mr Winston (chiffres de ventes, blah, tournée complète, blah, folk music "so branché", blah), qui gagne des montagnes de pognon (wouah) quand tant de petits groupes crèvent la dalle (pas cool !). On peut aussi se passer aisément de cette caricature aseptisée de hobo pour public amateur de folksans saveur. Au choix !
Powersolo : sauvages à souhait.
Retour au Magic Mirrors pour le set imparable et virulent des trois Danois cabossés de
Powersolo, toujours à l'aise pour envoyer du lourd façon rock garage blues n' punk... Voix de loup garou,riffs saignants, rythmiques sèches, voilà la recette du bonheur sonique selon ces trois gaillards aux têtes de killers psychopathes ! Et ça marche à fond : on se prend en pleine poire une belle série de titres concis, enflammés et sauvages à souhait. Le chanteur/guitariste hurle comme un
Jon Spencer dès qu'il est en présence de
Cristina Martinez (Houuuu, haaaa, hiiiii !), le bassiste/choriste défonce son outil de travail (comme quand il joue avec les divins Heavy Trash de... Jon Spencer, décidément) et le bassiste administre une belle raclée à ses fûts. C'est simple, efficace et réjouissant... Et les fans des risibles Mademoiselle K, Second Sex, BB Brunes et compagnie qui disent que "c'est de la musique de vieux" – comme cette charmante blonde au décolleté pigeonnant -sont complètement à côté de la plaque, à notre humble avis, bien sûr.

Ebony Bones : un putain de bon moment !
La soirée se termine avec un set débridé et envoûtant de la revue funk ‘n électro pop rock d'Ebony Bones, une troupe bigarrée absolumentintenable dès qu'elle foule une scène partout dans le monde libre (par exemple aux Trans Musicales de Rennes 2008). Il faut dire qu'avec des munitions comme celles figurant sur son premier disque à paraître mi juin 2009 (Bone of My Bones), il y a vraiment tout pour faire bouger, sauter en l'air, grimper aux rideaux et se trémousser frénétiquement... Le public, chaud bouillant, ne s'en prive d'ailleurs pas ! Voix soul R&B à la Santigold, choeurs pop, guitares funky rock façon Prince/Sly Stone, imparables basses synthétiques, batterie claquant joliment et trompette folledingue entrent dans une folle sarabande pour conduire le Magic Mirrors d'Europavoxà la transe purificatrice. Avec Ebony Bones sur scène, c'est radical, on oublie tout, sauf de passer un putain de bon moment ! Le set est mené à la vitesse de l'éclair, les tubes catchy s'enchaînent façon rouleau compresseur (seulement entrecoupés par quelques discours – parfois un peu longuet – de la chanteuse/furie habillée comme aucarnaval de Rio) et il se termine par un rappel dément : une version originale, jouissive et hyper bien foutue du Seven Nation Army des White Stripes. C'est carrément bien de se réapproprier ce tube intemporel, un temps pris enaffection par les hordes de supporters de foot beaufs. La version d'Ebony Bones fait oublier en un clin d'oeil l'ignoble remix façon techno ritale moisie qui nous avait tant cassé les oreilles. A voir sur scène et à écouter chez soi, Ebony Bones est la synthèse parfaite du succès public et de la qualité artistique. Comme quoi, il y aencore un peu d'espoir ! Hallelujah !
A lire également sur le Festival Europavox 2009, les comptes rendus des concerts de Herman Dune + Loney Dear + Collectif Kutu Folk + Zak Laughed + Mujeres + Declan De Barra + Lonely Drifter Karen+ Southpaw et Get Well Soon + Soap&Skin + Bloc Party + Soy Un Caballo + The Barbed Wire Brothers
Sites Internet : www.europavox.com, www.myspace.com/ebonybones, www.powersolo.dk, www.myspace.com/powersolo, www.myspace.com/arabanband, www.myspace.com/zzz, www.myspace.com/charliewinston, www.myspace.com/imfrombarcelona, www.myspace.com/triggerfingertheshooters, www.lacoope.com.
Photos extraites des sites des groupes...
Réagir à cette critique