Style :
Rock Après un excellent premier album paru en 2002 via Southern/Brassland, et deux disques absolument superbes publiés par Talitres Records en 2003 (Sad songs for dirty lovers ) et 2004 (Cherry tree), le groupe américain The National s’apprête à sortir un nouvel album sur une major – Beggars Banquet – ayant aussi à son catalogue des artistes aussi doués et reconnus que Mark Lanegan ou les Tindersticks. Petit à petit, les cinq musiciens new-yorkais d’adoption font leur trou dans l’univers impitoyable de la musique des années 2000… Et ce n’est que justice si l’on considère la qualité de leurs concerts et de leurs disques ; le petit dernier, Alligator, étant une nouvelle fois un recueil de chansons qui accompagnera très longtemps ses auditeurs. Si les premières écoutes ne font pas un effet énorme, les mélodies insidieuses, la production sobre, l’instrumentation extrêmement riche et le chant toujours aussi marquant font peu à peu leur œuvre : très rapidement, on ne peut plus se passer de cet album. Clef de voûte de la cathédrale sonore The National, le chant versatile de Matt Berninger est capable de murmurer d’une voix grave à la Leonard Cohen/Stuart Staples, de hurler comme Nick Cave ou de susurrer avec une voix moins profonde, mais toujours belle à pleurer. Le point commun entre ses trois facettes du personnage étant les émotions dégagées, incroyablement fortes. Dans le but de provoquer cela, ses acolytes ne ménagent pas non plus leur peine ; ils créent des ambiances prenantes à l’aide de guitares aériennes s’enchevêtrant les unes dans les autres (on pense souvent à The Edge de U2 mais aussi à Television), de rythmiques inventives (tantôt alanguies, tantôt presque post punk) et d’arrangements de cordes bouleversants. Une fois de plus, Padma Newsome (Clogs) réussit à habiter avec son violon magique les morceaux où il est présent… Très clairvoyant sur son talent, le groupe semble lui laisser une place de plus en plus importante. Un autre changement : les explosions de cris en cours de morceaux n’ont plus lieu (à l’exception notable de Mr. November) ; un titre entier est dévolu à une impressionnante décharge de rage (Abel), contrastant de manière saisissante avec l'océan de mélancolie figurant sur le reste du disque. Avec sa superbe pochette et tous les trésors de pop, folk, rock et punk qu’il recèle, Alligator risque bien de rencontrer un énorme succès, qui sera pleinement mérité.
Style :
Rock Après une délicieuse mise en bouche sous la forme du single Abel voici le 3ème vrai album de The National qui bénéficie cette fois d’une sortie internationale chez Beggars Banquet. On retrouve tout de suite ce qui nous a emballé dans les précédents albums, et en particulier la voix de Matt Berninger au timbre reconnaissable immédiatement (quelque part entre celui de Stuart Staples et de Nick Cave mais qui évoque parfois la voix de Bono pour certaines intonations que l’on pourrait qualifier d’épiques). A ce chant marmonné, fredonné ou hurlé il faut ajouter les chœurs des frères Devendorf et Dessner et la musique toujours aussi riche avec les guitares de Bryce et Scott, la basse de Aaron, la batterie de Brian mais aussi les cordes de Padma Newsome. Le résultat est une nouvelle série de ballades un peu tristes dont se dégage un sentiment partagé entre mélancolie, nonchalance et gravité. La tension qui se cache derrière la plupart des morceaux explose par moment comme sur Mr November ou le sublime Abel digne successeur de Available ou Slipping Husband. Ce disque compte quelques perles comme Baby we’ll be fine qui rappelle un peu Sea Ray (groupe que j’avais découvert sur scène en même temps que The National et qui a malheureusement tiré sa révérence après un très joli Stars at noon), All the wine qui figurait déjà sur Cherry Tree, Geese of beverly road accompagné notamment d’instruments à vent (Rachael Elliott de Clogs ?) ou encore Friend of mine peut être plus léger (en tout cas moins tendu) et ces “nananana” qui nous resteront longtemps dans les oreilles. Ils redébarquent prochainement en France (dates bientôt disponibles ici), on ne les ratera pas !