Style :
Pop - Rock Premier « méfait discographique » long format pour les fantasques clermontois de Bolik ; cet opus éponyme - présenté sous une pochette ultra minimaliste - est un fascinant voyage dans la psyché plutôt agitée du songwriter/crooner borderline François Doreau et de ses acolytes aux idées bizarroïdes. Si l'on voit mal comment ce genre de musique pourrait séduire le grand public, Bolik a le grand mérite de chercher de nouveaux territoires d'exploration sonique avec ses morceaux pop/rock tour à tour étranges, psychédéliques, décalés ou accrocheurs... On peut rester sur le bord de la route et laisser passer cette surprenante caravane de mélodies insidieuses, d'arrangements oniriques, de chants peu communs et de textes aussi particuliers qu'évocateurs... A l'inverse, on peut choisir d'embarquer et de se laisser bousculer par un album ébouriffant, vrillé et incurablement audacieux... Passés à la moulinette des obcessions bolikiennes, un 14 juillet joyeux, un Roman de gare à l'eau de rose, un paisible dimanche, un séjour roboratif à Palavas-les-Flots ou une histoire d'amour prometteuse peuvent se transformer en cauchemars domestiques, en catastrophes intimes voire en séances de loose tenace... Mais de cette apparente déliquescence de la vie « normale » jaillit des flots de sentiments contrastés, des visions de rêves lunaires, des envolées rafraichissantes par delà les nuages ou des embardées permettant d'emprunter de passionnants chemins de traverse. Sorte d'orchestre de pop lo-fi puissament barré, Bolik donne parfois la sensation d'écouter Arcade Fire jammer avec des instruments rock et une section de jouets pour enfants avec Robert Wyatt, Pascal Comelade, Lou Reed, Pavement et les Stooges dans une boîte de nuit désaffectée d'Ostende, avec des filles du bord de mer comme public halluccinné. Bolik, un trip à essayer de toute urgence donc...
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Rock Le groupe clermontois Bolik divise le public depuis ses premières apparitions scéniques… Selon les sensibilités et les goûts de chacun, on peut les haïr cordialement, souhaiter l’arrêt immédiat de leur carrière, ironiser sur la voix du chanteur, brocarder l’aridité des compositions ou, au contraire, s’enthousiasmer pour leur audace, décoller grâce à leurs compositions au parcours sinueux, louer leur sens du détail sonore qui tue, voire admirer leur côté bricolo. Il y a fort à parier que ce n’est pas avec l’improbable opuscule intitulé Old wave EP que Bolik va commencer à faire l'unanimité. Pourtant, le groupe a pas mal progressé et évolué depuis ses premiers concerts et son disque inaugural, Les militants EP. Les cinq nouveaux titres bénéficient en effet d’un son qui permet de mieux appréhender l’univers joliment tordu de Bolik. Les aficionados retrouveront cette « pop à géométrie variable » qui leur fait tant d’effet : au menu de Old wave EP, une voix sur le fil du rasoir, des textes extra terrestres, des compositions incroyablement barrées, des rythmes tarabiscotés, des claviers qui couinent, des kazoos qui hurlent, des pianos jouet torturés et de multiples trouvailles de production. Mais malgré tout cela, les détracteurs de ce combo bizarro vont sans doute adorer les détester, une fois de plus. Bolik ne fait rien pour être consensuel, il faut bien le dire. Par exemple, alors que la mode est à un revival New Wave, les cinq Bolik sortent un disque intitulé Old wave... C’est malin ! Les jeunes veulent du simili punk rock engagé ? Ça ne rate pas, le groupe de François Doreau se vautre dans une pop sans distorsion (il y a même un – excellent – titre acoustique) et sans message préfabriqué. Ces hurluberlus dramatiquement hors jeu se permettent même de faire de l’ironie – très mauvais ça, l’ironie, pour vendre des disques – dans les textes et les titres de Rebel without a kolkhoze et Roman de gare. Qu’importe finalement, Bolik El Grupo peut compter sur une solide base de fans. Qui ne manqueront pas de passer en boucle les 5 titres aussi réussis que vrillants, dissonants, dérangés ou décalés qui figurent sur cet EP.
A lire également, des comptes rendus de concerts donnés par Bolik.
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Pop - Rock Après la scène, le groupe clermontois Bolik est passé par la case studio pour un résultat plutôt convaincant : Les militants EP. Enregistrés et mixés dans différents endroits (non loin de quelque part précisent les notes de pochette), les 5 titres de pop tarabiscotée qui composent cet E.P. sont de fort bon aloi. On se laisse en effet très facilement emporter par les compositions de François Doreau - alias Witold Bolik - qui se charge également des parties vocales inquiétantes, des claviers cheap et de quelques guitares aigrelettes. Ses acolytes, François, Frantz, Greg et Laurent - tous sous pseudos « Bolik » - contribuent également à la réussite de l’entreprise avec des parties de guitare dissonantes mais aussi des interventions au Kazoo, au Vibraslap et au MS-10 (une sorte de machine infernale produisant des sons extraterrestres)…
Si le morceau Les militants évoque Robert Wyatt et Pascal Comelade avec ses sonorités de claviers décalées et sa voix psychiatrique, les autres titres partent dans des directions différentes, toujours loin des sentiers battus. On trouve donc plus loin des guitares bruitistes (Hardrock pictures), des extraits de pop lancinante et planante (Un quatorze juillet), du rock bizarre (Supperfucker) et une formidable variation sur le riff d’I wanna be your dog des Stooges. Intitulé Dimanche. Roman de gare, ce dernier titre permet aux cinq Bolik de faire, une nouvelle fois, étalage de leur talent pour les dérapages sonores en tous genres…
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