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Pop - Rock / PunkRockGrunge Extraordinaire document live sur l’un des groupes les plus marquants de l’histoire du rock, Nirvana Live At Reading permet de voir à l’œuvre sur scène un trio au sommet de son art punk rock devant l’immense foule – en ébullition ! – du festival de Reading. Nous sommes le 30 août 1992 et la vague du grunge venue de Seattle déferle sur toutes les ondes, emportant toute la variété moisie et le hair métal, aussi ridicule, putassier que superficiel, vers sa vraie place, le caniveau : Guns ‘n Roses, Motley Crue et autres futilités serrent les fesses. Avec son album Nevermind, Nirvana rend ringard – pour l’éternité – tout le hard rock FM, provoquant une deuxième vague punk dès 1991 avant de s'auto détruire en plein vol en 1994.
Grâce au génie mélodique de Kurt Cobain, à son sens imparable de la pop song punk et à la puissance de feu du couple Krist Novoselic/Dave Grohl, les tubes de Nirvana sont sur toutes les lèvres en 1992. Porte parole malgré lui d’une génération en manque d’idoles sincères et respectables, le mari de Courtney Love (qui aura droit à Reading à un poignant « We Love You Courtney !» hurlé par le public, à la demande - touchante - de Kurt) prend de plein fouet la célébrité, le succès colossal et les excès de la presse à scandale. Il a toujours voulu être célèbre mais il n’est pas prêt à en payer le prix fort à vie. Pour se foutre de la gueule des journalistes des tabloïds rock (qui l’annoncent déjà mort ou malade… ), il se pointe en fauteuil roulant poussé par un roadie sur la scène du festival anglais. Puis, il fait mine de se lever et d’entonner The Rose, la scie chantée par de Bette Midler, puis s’écroule, "pour de faux". Affublé d’une perruque blonde et d’une sorte de blouse blanche ressemblant à une camisole, Cobain se relève ensuite pour livrer une performance live qui restera comme l’un des plus mémorables de celles données dans le grand cirque du rock ‘n roll. Toujours sur le fil du rasoir au niveau du chant, volontairement borderline sur les solos et avec un volume de distorsion hyper punk, le leader de Nirvana provoque une déflagration sonique sur tous les titres, qu’ils soient extraits du premier album du groupe, Bleach, du multiplatiné Nevermind, d’In Untero, le chant du cygne - encore en gestation à l’époque - ou inédits, comme la reprise de Fang, l’excellent The Money Will Roll Right In. En 2009, rien n’as pris une ride, l’émotion et l’énergie sont intactes, la puissance tubesque des compositions est incroyable et le parti pris "power trio punk" fonctionne à merveille. En tête d’affiche d’une journée où Nick Cave & The Bad Seeds, Mudhoney, Teenage Fanclub, L7, Beastie Boys, Pavement, Screaming Trees et The Melvins (soient le who’s who du punk ‘n grunge hip hop rock) se sont succédés sur la grande scène, la lame de fond nirvanesque emporte tout sur son passage. Pas encore totalement désespéré, même si son regard semble déjà ailleurs, Kurt Cobain chante comme un ange déchiré dont les cordes vocales sont en papier de verre, tout en n’omettant pas de martyriser admirablement sa six cordes tandis que Dave Grohl mitraille sa batterie comme un kamikaze sonique (quel batteur ! c'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui cf Them Crooked Vultures) et que Krist Novoselic délivre d’énormes lignes de basse hyper basiques et catchy. Clairement, Nirvana magnifie son répertoire sur scène : du premier titre, Breed, au final punk bruitiste sur Territorial Pissings (suivi par une belle destruction du matériel), en passant par Lithium, Come As You Are, Polly, Smells Like Teen Spirit, Drain You ou encore Love Buzz, Spank Thru, In Bloom et Aneurysm, le trio défonce tout, fait hurler le public comme jamais et laisse une empreinte indélébile dans les oreilles et les yeux. La performance du concert de Reading est si bien filmée et sonorisée, qu’on s’y croirait presque : on ressent parfaitement chaque riff, chaque rythmique, chaque hurlement, chaque mélodie…
Comme le formidable danseur – devenu un ami du groupe après sa prestation sur scène l'année précédente à Reading, avant que la popularité du groupe n’explose – invité sur scène sur de nombreux titres, on a très envie de danser comme un dingue en regardant l’étendue des dégâts provoqués par ce concert ultime. Ne croyez pas les profs de guitare bas du front, les fans de rock aseptisé et les incurables sourdingues ou exégètes culs serrés qui disent que Nirvana est un groupe pas assez bon techniquement et réservé exclusivement aux adolescents : s’il massacre très brièvement et volontairement More Than A Feeling, Star Spangled Banner (l'hymne américain) ou Smoke On the Water, c’est pour mieux se concentrer sur ses titres géniaux réunissant en leur sein le meilleur de Black Sabbath, The Stooges, The Beatles, Led Zeppelin, Pixies, Sonics, Vaselines, Leadbelly, The Melvins, Thugs et Sonic Youth, tout en restant 100% originaux. N’en déplaise à certains, cette musique à la fois accrocheuse, extrémiste, cathartique et torturée est plus que jamais inspirante et vivante au 21ème siècle. Puisse cet excellent dvd live faire briller la flamme du punk rock ‘n roll, tout en permettant aux cohortes de fans ou de novices d'atteindre le nirvana…
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Pop - Rock Nevermind ? Je ne peux pas supporter plus longtemps que ce disque ne soit pas vraiment chroniqué ici, alors tant pis, je me lance. Mmmmmmh.... Respirer un grand cou et s'attaquer à un mythe. Rien que pour le plaisir d'afficher cette image (qui se souvient qu'elle fit scandale à l'époque ? Mais dans le monde cul-pincé et parano d'aujourd'hui, paraîtrait-elle seulement encore ?).
Les critiques de rock ont coutume de dire, souvent à la légère, que "le rock est mort ce jour-là", soit pour dater la sortie d'un album (au choix, Revolver des Beatles, le premier album de Black Sabbath ou de Led Zep, Pink Floyd The wall, etc, etc.) soit après la date d'un festival (Woodstock généralement, ou sa déclinaison européenne à l'Ile de Wight). Mais s'il y a bien un album pour lequel cette expression peut presque avoir un sens, c'est sûrement pour Nevermind de Nirvana.
En fin de compte, tout commence et tout finit avec la chanson Smells Like Teen Spirit, celle-là même qui précipita la groupe à sa perte : chacun sait que si Kurt Cobain est mort, c'est principalement de n'avoir pas pu gérer le succès et la pression dont il fut victime après ce succès planétaire. Au niveau du fond, s'en prenant à l'odeur d'un déodorant à la mode aux USA, cette chanson est une violente diatribe, interprétable de diverses manières (faut-il encore en comprendre les paroles, ce qui est loin d'être facile), contre l'apathie de la jeunesse américaine.
Mais surtout, au niveau de la forme, c'est un instant de grâce : pour cette chanson, et celle-là seulement, toute résistance critique est inutile. Dave Grohl et Krist Novoselic sont à cet instant le meilleur batteur et le meilleur bassiste du monde, et ils jouent avec - et surtout pour Kurt Cobain, le meilleur guitariste et le plus grand chanteur de la décennie, qui enregistre la chanson la plus rock qui soit, la meilleure chanson de hard, metal et punk confondus de tous les temps (pour éviter l'invective, disons seulement l'une des 10 meilleures - mais en n'en pensant pas un mot évidemment).
Et le rock-qui-pousse ne s'y trompe pas, qui vacille sur ses bases : tous les groupes de hard-rock et de punk-rock du monde se flétrissent et vieillissent, la face du monde de la musique bruyante est changée à jamais, seuls des termes bibliques peuvent convenir : la Vérité a été révélée, le Messie est revenu, les faux-prophètes sont précipités dans les limbes...
- Metallica, meilleur groupe de métal punk de l'époque, a soudain des cheveux trop longs et des solos trop gras (ou le contraire) ;
- Les Guns and Roses, alors les maîtres du monde, apparaissent enfin sous le glamour du hard-FM pour ce qu'ils sont réellement, c'est-à-dire une bande des guignols marchant à l'esbroufe et aux jolies fringues ;
- Les punks qui les ont précédé, des Sex Pistols au Clash, ne sont plus soudain que des images, toujours religieusement vénérées certes, mais des images quand même, en deux dimensions et en noir et blanc ;
- Sonic Youth et les Melvins (pourtant les plus grands inspirateurs de Nirvana avec Neil Young) comprennent qu'ils sont condamnés pour l'éternité à être des seconds couteaux, des accoucheurs de mythe, et donc mythiques seulement à travers lui, même les Pixies vacillent sur leur base ;
- Alice in Chains, Pearl Jam, Soundgarden pourront bien se réclamer de Seattle comme Nirvana, ou grunge comme Nirvana, ou les deux, l'histoire ne retiendra rien de leur opportunisme de division inférieure. Seul un groupe inconnu appelé Radiohead plantera peu après, avec la chanson elle aussi grunge Creep, la graîne d'une oeuvre qui restera sans doute aussi dans les mémoires, précisément parce qu'elle s'affranchira tout de suite de l'ombre immense de Nirvana - coup de bol, il y a aussi un génie chez eux.
Détailler toutes les chansons de l'album Nevermind apporte-t-il alors quelque chose de plus ? Qui lit ceci ne peut pas ne pas les connaître ! Et plus personne qui avait 15 ans alors n'écoute plus cet album trop entendu à l'époque. Pourtant 12 joyaux bruts, l'impression qu'on ne peut les écouter que dans cet ordre, qu'une histoire nous est contée, après coup l'impression probablement trompeuse, mais si forte, qu'un testament nous est donné.
La basse aqueuse de Come as you Are, puis les 4 notes destructrices de Breed, la petite respiration de Polly avant les riffs surpuissants de Territorial Pissings ou de Drain You, la mélodie surprenante et belle des accord barrés de Lounge Act avant la rage absolue de ce chanteur qui nous crie, comme pour se protéger de nous, Stay Away, mais qui comprend peut-être déjà que l'histoire ne pourra se terminer qu'en oraison funèbre par la sublime complainte Something in the Way.
Evidemment Nirvana n'est pas que Nevermind, c'est d'ailleurs ce qu'ils auraient tant aimé faire comprendre au monde, et pas qu'à leurs fans ! Bleach, premier album réédité ensuite, plein d'humour et déjà prometteur, contient quelques perles punchy. In utero, enregistré en 1993, album pourtant encore génial à mon goût mais paraît-il, gravement endommagé par les exigences de la funeste maison de disque Geffen. Les médias, MTV la première, en auront décidé autrement, qui ont programmé Smells Like teen Spirit en "heavy rotation" (je me souviens même de l'avoir entendue sur RTL !), puis décliné jusqu'à l'écoeurement en singles presque toutes les chansons de Nevermind.
L'honnêteté oblige seulement à rendre hommage à MTV pour son idée : enregistrer début 1994 un concert Unplugged, qui sera le chant du cygne de Kurt Cobain, occasion pour lui d'affirmer qu'à défaut de savoir où il va, il sait d'où il vient (superbes reprises de Leadbelly et de David Bowie). Une façon définitive enfin de percer les coeurs avec sa voix déchirante et épuisée, certainement l'une des meilleures performances vocales de sa carrière. Et meilleur concert unplugged de tous les temps, ça va sans dire.
Alors dans le monde du rock de 2005, mais orphelines depuis avril 1994, les comètes se suivent et se ressemblent : le groupe révélation de l'année qui enregistre l'album de l'année... comète qui s'éteint aussitôt comme feu d'artifice au vent... Tandis que là-haut, quelques rares étoiles dont Nevermind de Nirvana, peut-être la plus brillante, attendent patiemment, et peut-être pour longtemps encore, qu'un autre album annonce la naissance d'un monde nouveau.
(Geffen Records, 1991)
A lire également sur Concertandco :
- Une autopsie volubile du phénomène Nirvana par Laurent M : C'est par ici !
- Une présentation détaillée du coffret ultime "With The Lights Out" qui vient de paraître, par Pierre Andrieu : C'est par là !
(2005) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.totalnirvana.net
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Pop - Rock Nous passerons rapidement ici sur les longues et écœurantes tractations mercantiles ayant conduit à la publication tardive de ce coffret réservé aux fans du groupe de Kurt Cobain, Nirvana. Pourquoi gâcher son plaisir alors que cet objet - un peu sinistre au premier abord - recèle des trésors enfouis ? With the lights out comporte en effet 81 morceaux - dont 68 inédits ou versions rares - et un livret aussi instructif que soigné de 60 pages.
Sur le premier des trois CD et sur la première partie du DVD, on découvre avec émotion les débuts du Nirvana première mouture en répétitions ou en concert avec les prédécesseurs de Dave Grohl à la batterie. L’esprit est punk/hardcore, les riffs sont inspirés de Led Zeppelin ou Black Sabbath et l’atmosphère est furieusement violente. Pourtant, la face pop influencée par les Beatles affleure déjà avec des versions aussi excellentes que touchantes de Polly et About a girl datant de 1988. Kurt Cobain sait déjà écrire des morceaux qui marquent, il est déjà écorché vif et inquiétant : ses cris sont saisissants, ses plaintes vocales sont déchirantes et son attitude réservée et taciturne tranche avec celle des autres. A titre d’exemple, il chante avec son micro placé contre un mur, tournant complètement le dos à ses acolytes… Le très jeune musicien reprend déjà magistralement l’antique bluesman Leadbelly avec son projet monté avec Mark Lanegan, The Jury. Si l’on en croit les versions habitées de They hung him on a cross, Grey goose et Ain’t it a shame, le jeune Cobain ressentait dès ses débuts un blues existentiel évoqué dans nombre de ses chansons et résumé prémonitoirement dans le titre d’une face B parue en 1993 : I Hate myself and I want to die. Au chapitre des covers, si les deux reprises de Led Zep sont anecdotiques (mais le groupe n'en était alors qu'à ses prémices), celle du Velvet Underground - Here she comes now - témoigne de la fulgurante puissance se dégageant de chaque morceau joué par le trio originaire de Seattle.
Les deux disques suivants permettent de découvrir des versions « solo acoustique » tout simplement magiques. L’ombre du malheur et de la douleur plane sur Where did you sleep last night, All apologies et Pennyroyal tea. Grâce à ces morceaux et aux interprétations dépouillés et poignantes de Lithium, Sliver, Rape me, Been an son, You know you’re right (le bon single extrait du best of de 2003) et Do re mi (un superbe inédit datant de 1994), on a l’impression troublante que Kurt Cobain nous présente ses démos magistrales au coin du feu, rien que pour nous. Le son est parfois un peu limite mais la force qui se dégage de l’interprétation emporte tout sur son passage. Que les fans de grunge se rassurent, la rage est bel et bien présente également avec Aneurysm, un des meilleurs morceau du groupe, Territorial pissings et Drain you, deux titres survoltés estampillé « Nirvana sound », ainsi que trois versions du plus grand hit du groupe, Smells like teen spirit : la version « propre » produite par Butch Vig et les premières interprétations du morceau en répét ou en public… Un document précieux.
Comme la dernière chanson présente sur le DVD, une reprise presque insupportable au niveau émotionnel de Seasons in the sun, l’adaptation anglaise (traduite par Rod McKuen et un peu « adoucie » par Terry Jacks) du morceau Le Moribond signé Jacques Brel. En studio à Rio en 93, accompagné par Krist Novoselic à la guitare (approximative) et Dave Grohl à la basse, Kurt Cobain - à la batterie - chante d’une voix étranglée « Adieu mon ami, qu’il est dur de mourir quand tous les oiseaux chantent dans le ciel, maintenant que le printemps est là. » S’il est plus connu pour avoir hurlé des paroles volontairement contradictoires et absurdes dans ses morceaux punk ‘n pop, le leader de Nirvana aura donc également chanté toute sa vie des chansons de blues (électrifié ou non) aux paroles désespérées.
Artiste :
NIRVANA Titre :
FROM THE MUDDY BANKS OF THE WISHKAH
Style :
Rock
Ce deuxième live est un pur bijoux taillé dans le roc. Il déborde d'une puissance rarement égalée et dépasse tous ce que vous avez pu écouter de Nirvana jusqu'ici. C'est la disque qui renoue le groupe avec la scène punk rock que les puristes leur avaient reprochés, a tort, d'avoir délaissé avec la sortie du MTV Unplugged. Du début de leur aventure jusqu'à la fin, leurs tournées sont résumées avec brio dans une compilation d'interprétations à couper le souffle, à l'image de ce qu'était Kurt Cobain. Utilisant sa voix déchirée en lambeaux, comme un mégaphone hurlant toute ses frustrations, il grave ici la marque du chaos, du mal-être et de l'auto-combustion, sur fond rythmiques écorchées vifs, de guitares abrasives et de mélodies incandescentes.
A écouter le plus fort possible !
Signature : Crystal
Artiste :
NIRVANA Titre :
UNPLUGGED IN NEW-YORK
Style :
Rock
L'un de leurs derniers albums live dont les chansons sont dans l'ensemble assez douces, ce qui n'était pas le cas dans les albums précédents.. Du pur bon son avec une transe que tout le monde mérite de connaître !!
Signature : Didou
Artiste :
NIRVANA Titre :
Bleach / Nevermind / In Utero /Unplugged
Style :
Pop - Rock Nirvana. L’annonce de la sortie prochaine d’une nouvelle compilation du groupe mythique des 90’s, véritable figure de proue du rock mal léché et bandant (avec guitares) m’a donné l’envie de revisiter l’œuvre et l’influence de Kurt Cobain et de tous ses acolytes…
Introduction to the Nirvana’s autodestruction.
Petit retour en arrière : Début des années 90, nous sommes alors en véritable partouze de musiques électroniques. Fornique pêle-mêle des groupes aussi divers et variés que Dépêche Mode, Talk Talk, Simple Minds, Aha, mais aussi Pet Shop Boys, The KLF, etc etc … Pour résumer, on ressasse depuis le début des années 80 les mêmes recettes efficaces : Des synthés + des clips léchés + des looks parfaitement étudiés = Beaucoup de blé (C’est pour résumer hein…). Merci qui ? Au " Thriller " de Mickael Jackson.
En 1991, si certains groupes prodigieux émergents : Pearl Jam avec Ten, Massive Attack avec Blue Lines, My Bloody Valentine avec Loveless et que d’autres confirment leurs emprises sur les charts : Les Guns N’Roses avec Use your Illusion I et II, Métallica (l’album noir), les Red Hot Chili Peppers avec leur Bloodsugarsexmagik, Dire Straits et autres UB40, rien ni personne ne pouvait prévoir le vent de tempête qui déferlerait bientôt sur la planète musicale.
En effet, au début de l’année 1991, du côté de Détroit, germe un petit groupe annonciateur d’un immense raz-de-marée musical à venir : Nirvana. Avec son premier gazouillement musical, le prometteur Bleach, sorti en 1989, ceux-ci posaient déjà les jalons du son, et attitudes, à venir du groupe. Bien que certaines compositions soient relativement "fades" et que le groupe se cherche encore ; c’est un premier album, on remarquera le somptueux "About a girl", magnifiquement réorchestré cinq années plus tard, dans le "Unplugged in New-York". Puis d’autres morceaux "Blew" ou "Love Buzz" (reprise des Shoking Blue) pour leur efficacité, puis, déjà, les paroles de Kurt Cobain, empruntent d’une fragilité, d’une névrose et d’un mal de vivre bien ancré.
Mais c’est en 1991, que Nirvana va faire l’événement, avec son second opus, Nevermind. Avec cet album le groupe va véritablement décrocher la timbale de la gloire, et, dans le même temps, sans le savoir, la poêle à frire qui les grillera tous. On ne ressort pas toujours intact du premier contact avec la sainte histoire du rock.
Mes premiers souvenirs commencent par MTV (j’avais 15 ans…c’est loin !) et un premier clip déjanté venu de nulle part, diffusé en boucle sur cette chaîne : La bombe "Smells like teen spirit" est lancée. Et la face du monde musical de changer pour une année…
Tout de suite, on est happé, scotché devant notre télé. Neil Armstrong a marché sur la lune devant des millions de téléspectateurs médusés, il en va de même à cet instant pour Nirvana qui piétine sans vergogne la si tranquille planète musicale de l’époque. Comme si des extra-terrestres surdoués (mais vraiment mal peignés) revisitaient tout en leur donnant un sacré coup de jeune, les rites coutumiers du si vieillot rock’n’roll. Le choc visuel passé, celui des corps à la dérive, de ces attitudes désinvoltes, c’est le son, novateur et dévastateur, vous prenant à rebrousse poils et électrifiant les molécules de votre corps (vos tripes quoi !!!), enrobé d’une voix plaintive et puissante qui émerveille et réveille nos sens endormis jusqu’alors par les musiques d’époques (d’ambiances diront certains…).
C’est une nouvelle percée dans l’histoire du rock. Comme une voie lactée ou plutôt une comète que rien ne pourra arrêter. Le groupe est en route pour la gloire. En quelques mois, la déferlante Nirvana atteint toute la planète et déteint sur l’aspect vestimentaire de bon nombre d’adolescents de la planète. "On aura jamais vendu autant de chemises de bûcherons que cette année" diront certains commerçants, depuis longtemps expatriés dans un paradis fiscal dont nous tairons le nom ici, évidemment. Quant aux coiffeurs, c’est l’année zéro côté recette… Ce nouveau son et cette nouvelle attitude rock, volontairement nonchalante, tout en marquant le retour du "rock avec des poils", signaient la première (et principale) salve fédératrice d’un mouvement conduit à disparaître une fois que Nirvana ne serait plus de ce monde (n’omettons pas Pearl Jam of course…) que l’on nommera plus tard le grunge. Ensuite les singles : "Come as you are", "Something in the way" et "Lithium" font le tour de la terre en un éclair. Nirvana est partout, diffusé sur toutes les radios, présent dans toutes les émissions musicales et en couverture de tous les magazines musicaux. Nirvana, en quelques mois, est au paradis des idoles musicales, a touché des doigts l’éden rêvé de tout musiciens. Reconnaissance, gloire, argent et donc… acceptation au patrimoine mondial musical de l’Humanité. Cette célébrité fulgurante et prégnante, qui s’avérera insurmontable et oppressante pour le leader du groupe par la suite, aura des conséquences irréversibles sur le devenir du groupe, via son compositeur et interprète unique, le "charismatique malgré-lui"Kurt Cobain.
Mais, pour ce second album, derrière la beauté des compositions de Kurt Cobain, les riffs de guitares entêtants de Kris Novoselic, le jeu de batterie martial de Dave Grohl et les mélodies rock imparables, se cache un obscur et inévitable ingénieur du son : Butch Vig. Le son de Nevermind, c’est lui. Et peut-être bien aussi la réussite tout court de Nirvana… Car, qu’aurait été le destin de Nirvana sans Nevermind ? Un peu, comme de nos jours, Radiohead sans les étapes Kid A et Amnesiac, ou Noir Désir sans son Tostaky"Soyons désinvoltes n’ayons l’air de rien" disaient-ils… Un bien simple et commun groupe de rock. Aujourd’hui pilier, fondateur et dépositaire du son de Garbage (et membre à part entière), Butch Vig était jusque-là un producteur assez discret. Avec son coéquipier Andy Wallace ceux-ci métamorphose la musique du groupe en la rendant plus synthétique et en lui apportant par la même son caractère universel. Celle-ci devient plus abordable qu’un son rock brut de décoffrage et surtout, est plus en phase avec une époque dominée par les machines. Nevermind, c’est un peu le croisement impensable entre la fièvre désorganisée de certains groupes mythiques et électriques des années 70 et la synthétique fougue électronique (si si, c’est possible) de certains groupes des années 80 (le Suicide d’Alan Vega par exemple). Ça paraît un peu invraisemblable, dit comme cela, comme de vous vanter la réussite de la greffe de la tête d’un chien (à poil long…) sur un surpuissant aspirateur Philips, mais c’est pourtant vrai, Nevermind c’est l’avènement du branchement électrique maîtrisé, de la pose rock planifiée et d’un "certain son électronique". Cet album touche dans le mille en répondant parfaitement aux attentes de tous les amoureux de la musique de l’époque (et les autres aussi…) : Un son rock à la violence méthodiquement dosée, animale, fauve et organique, mais aussi parfaitement encadré, muselé, par des gardiens synthétiques. Esprit qui trouvera à nouveau son écho vers la fin des années 90 avec les albums "Fat of the land" de Prodigy, "Dig your own hole" des Chemical Brothers ou "Vanishing point" et "Xtrmntr" de Primal Scream par exemple.
Et les Pixies dans tout ça me direz-vous ? Eh bien…On y pense, on y réfléchit. Comme le disait très justement David Bowie dans une interview donnée en 1993 dans le magazine les Inrockuptibles (encore véritablement underground à cette époque-là), "ce son-là, celui de Nirvana, c’est les Pixies mais 5 ans plus tôt". Oui Mr David Bowie, des Pixies à Nirvana, il n’y a qu’un pas… Les mêmes sonorités, de semblables digressions rythmiques et le même son. Oui. Mais entre 1989 date du meilleur album des Pixies (Doolitle) et Nevermind en 1991, deux années se sont écoulées, autant dire une éternité, au vu de la vitesse à laquelle défile l’histoire de la musique Rock et l’Histoire tout court. Et c’est là que se joue toute la différence, dans ce temps qui passe, c’est la musique qui vieillit à la vitesse de la lumière, le mur du son est continuellement dépassé et subjugué par des personnalités aux désirs et aspirations bien différentes. D’un côté Franck Black et sa musique de petite entreprise propre à la fin des 80’S, puis de l’autre Kurt Cobain à la fougue malchanceuse, et la main heureuse, du début des 90’S.
Mais il serait aussi mal convenu de disserter plus longuement sur la musique "Nirvanesque" en omettant la personnalité de son chanteur Kurt Cobain, que de regarder un vidéo-gag sans Bernard Montiel, par exemple. Vraiment mal convenu… Depuis ses premières compositions, où apparaisse un véritable mal de vivre, depuis ses premières interviews et déclarations publiques, où transparaissent un évident blues, pas seulement musical, ses paroles dépeignent un intérieur en même temps terriblement riche et ouvert sur le monde mais complètement démuni face à la reconnaissance publique. Parallèlement à l’actualité discographique de son groupe, c’est aussi sa vie sentimentale qui est dévorée par la presse et les médias d’ici-bas. Piètre contrée. L’amalgame entre sa musique, le cirque de cette vie non (ou mal ?) désirée de rock star, ce destin de pantin et sa vie de couple avec Courtney Love (pour qui la reconnaissance viendra aussi quelques années plus tard avec The Hole), tout cela est rendu public. Pour un homme pudique, cela semble difficilement gérable.
C’est ainsi qu’en 1992 sort le troisième album du groupe, "Incesticide". Faisant suite au multi-platiné Nevermind, celui-ci, contre toute attente, passera quasiment inaperçu. Et pour cause, pratiquement aucune nouvelle composition, des reprises folk, un son et des chansons globalement et véritablement désinvoltes… Après le mur du son, des ventes d’albums à profusion, rupture du cordon électrique. Panne d’électricité à Détroit. Tout juste si l’on ne ferme pas la boutique "Chez Nirvana" : "Bon allez, c’était bien gentil tout ce barouf, mais maintenant on n’en a assez, on se casse". L’effet recherché par le groupe, celui de disparaître un temps (pour mieux renaître ?) est réussi. Autant tout le monde aura pensé, transpiré, discuté, rêver et écouter Nirvana en 1991, les mêmes personnes les auront snobés, et, par la même, gobés leur tentative de disparition, bien ficelée, l’année suivante.
On se retrouve donc en 1993, où plus personne n’attend quelque choses de Nirvana. On se dit (moi le premier), que nombreux auront été ces groupes comètes, ces étoiles filantes, qui, par définition, n’auront fait que traverser brièvement l’histoire de la musique rock. Mais, c’est là que le destin allait frapper une seconde fois à la porte du groupe. Quelques mois après la sortie, relativement confidentielle, du quatrième et dernier album-studio du groupe "In utero", une "sacré nouvelle" tombe : Kurt Cobain n’est plus. Les médias ne parlent, subitement plus que d’une seule voix pour apprendre au monde le suicide de Kurt Cobain : "Leader du groupe Nirvana ... figure du grunge ... l’album Nevermind ... paradis ... idole des jeunes ... destin brisé ... " et bla et bla et bla. Ou comment les médias vous résume, vous compresse et formate une vie d’être humain pour la faire rentrer (de force) dans la conscience collective et l’histoire avec un grand "H", sans vous demander votre avis. Vous connaissez l’histoire… ? Celle du bébé devant qui l’on place un billet d’un dollar pour le faire avancer… Le bambin qui n’a pas d’autre choix que de faire la chasse au billet de banque (la pochette de Nevermind) sinon…mourir. C’est le monde dans lequel on vit. (Heureusement qu’il y a l’amour…)
Autant les ventes de "In utero" avait du mal a décoller du vivant de Cobain, celles-ci , quelques jours plus tard redémarrent avec l’annonce de son décès ... Les morceaux "Rape me" et "All apologies", dans une vaine plus polissée et docile sont relayés par toutes les radios nationales. À noter également qu’ils sont parmi les titres les plus calmes et apaisés de l’album de loin le plus rugueux et violent de la discographie du groupe. (Sans doute plus acceptable de la part d’un moribond, des morceaux calmes et mélodieux). La légende est en route. Avec "In utero" on est aux antipodes de la violence maîtrisé de Nevermind. Ici tout est fureur crue, barbarie en boutonnière, rage à fleur de peau et sauvagerie mal arrangée. Pour s’en convaincre, il suffit de réécouter les morceaux "Radio friendly unit shifter" et "Tourette’s". Album dérangé et habité par des âmes consentantes à vivre avec leur personnalité…dérangées. Cette fois-ci, Butch Vig n’a pas été convié au festin… Du bonheur brut à l’état pur, sans retouche sonore. Un régal, et peut-être l’album le plus épuré, le plus "véritable" et "franc" de leur discographie. À l’évidence le plus proche de l’état d’esprit du groupe.
Mais les carnivores assoiffés de légendes que nous sommes ne pouvaient décemment pas se contenter d’un seul album entier, "Nevermind", et de quelques compositions de "In utero". Donc, pour contenter tout le monde, paraît en 1994 le magistral "Unplugged in New-York", commandé par MTV qui achève d’asseoir le statut de groupe-culte de Nirvana. Cette parution posthume d’un concert acoustique va dans le sens du mouvement musical souhaité par les "nouveaux" fanatiques, ceux qui se sont découvert une passion subite pour ce groupe suite à l’annonce de la mort inattendue du maître a penser du groupe. Pour ce concert en catimini, débranchement pur et simple de la guitare électrique et champ libre au tout acoustique : Guitare sèche, batterie pépère et même…accordéon. Certaines compostions gagnent en intensité et en intimité. La magnifique reprise du "The man who sold the world" de David Bowie fait merveille. Nirvana dévoile sa seconde face, celle d’un groupe faisant fit de toutes les étiquettes, changeant de casquettes comme bon lui semble, jonglant aisément avec les plus bruyantes sirènes hurlantes du rock’n’roll pur et dur, et pouvant opérer un dépouillement mélodique parfaitement maîtriser de ses mêmes compostions. Sublime et renversant. Un peu la renaissance d’un groupe mort avant même d’être né, ayant vécu ou ayant été trop vite absorbé par la dévoreuse histoire du Rock’n’roll.
La prochaine compilation à venir au printemps (Normalement…Courtney Love est en procès avec les deux ex-membres du groupe à ce sujet) "Introduction to Nirvana" ne devrait que renforcer la légitimité de ce groupe culte. Un groupe s’autodétruisant au fur et mesure que sa légende s’écrivait. Très rock’n’roll tout ça isn’t it ?
Signature : LaurentM
Style :
Rock
IL est puissant dans le genre mais certaines chansons sont trop lentes
Signature : MAX
Artiste :
Nirvana Titre :
Bleach
Style :
Rock
Il est vieux maintenant, mais le premier album de ce grand groupe est merveilleux. achetez le, et redecouvrer ce superbe groupe. Vive Kurt.
Signature : lorenzo Page Web Conseillée : totalnirvna.fr
Artiste :
NIRVANA Titre :
UNPLUGED
Style :
Rock
C'est de la balle. KURT est un géni et Chris(NOVOSELIC, le bassiste(bien sur )) ainsi que Dave(Grohl(le batteur)) sont des Dieux. Je vous recommande ce LIVE que tout le monde devrait avoir. Acheter c'est l'adorer
Signature : BENJAMIN
Artiste :
nirvana Titre :
nevermind
Style :
Rock
c'est tout simplement le meilleur cd que j'ai jamais écouté. toutes les chansons sont bien de la 1ere à la 12 ème : de smells like teen spirit à come as you are et aussi territorial pissings sans oublier loung act. Sorti en 1991 cest un peu vieux mais c'est tout simplement les meilleurs chansons depuis bien longtemps qui sont présentes sur cet album. Vive kurt cobain et salut!
Signature : luc