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Pop - Rock / ElectroPopFolk Deuxième album époustouflant de classe et sidérant de puissance émotionnelle pour Sébastien Schuller, qui avait pourtant fait fort il y a quatre ans puisqu’il était déjà l’auteur d’un effort inaugural mémorable en l’an 2005, l’inépuisable Happiness… Le laps de temps entre les deux disques a été utilisé pour présenter ses chansons sur scène (ceux qui ont assisté aux concerts s’en souviennent encore comme si c’était hier, tant ils constituaient de grandes messes électro folk pop célestes… ), pour se lancer dans l’écriture de BO de films et pour composer, enregistrer et arranger minutieusement les morceaux en apesanteur qui composent le très (très !) beau Evenfall. Quelle bonne idée d’avoir ainsi pris son temps, le résultat final n’en est que plus réussi ! Les chansons quasiment magiques qui sont sorties – pas du tout à la chaîne – de l’atelier d’artisan électro pop de Mr Schuller semblent venir d’une autre planète ; on dirait en effet que ces comptines réconciliant en un clin d’oeil complice la pop, la folk music et l’électronique délicate sont tombées du ciel, qu’elles sont le fruit d’une inspiration divine… Portés par un piano joué sur un tapis volant, par des synthés/orgues déchirants, par une voix à donner des frissons à n’importe quel être humain doté d’un semblant de sensibilité et par de superbes arrangements électronico acoustiques, les compositions cinématiques de Sébastien Schuller font se télescoper – au ralenti – les univers de Radiohead, Talk Talk, Sigur Ros, The Knife, Arcade Fire, Röyksopp et Beirut. Le romantisme échevelé qui se dégage des titres, les voix sur le fil du rasoir des sentiments troublés et le sens de la mise en scène sonore sont proches de ces artistes aussi différents dans la forme que similairement doués pour toucher l’auditeur au plus profond de son cœur… La participation de Bell Orchestre (projet de Richard Parry et Sarah Neufeld d’Arcade Fire) pour les cordes de l’immense Open Organ est bel et bien une piste à suivre pour trouver des amis aussi joliment perchés que le Français partagé entre Philadelphie et Paris : en écoutant le résultat de cette collaboration, on comprend instantanément que ces gens-là sont faits pour s’entendre… Comme les auditeurs de l’album Evenfall et les dix chansons magistrales (Balançoire, Morning Mist, Awakening, The Border etc etc) qu’il contient.
A lire également, la chronique du concert de Sébastien Schuller à la Route du Rock, en 2005.
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Autres Ce n’est pas tous les quatre matins que l’on tombe sur un album d’une beauté aussi sidérante que celle du premier effort long format de Sébastien Schuller… Il s’appelle Happiness et il rend effectivement heureux, même s’il est nimbé d’une saisissante mélancolie. Les morceaux électro pop (voire parfois folk) composés presque en autiste par Sébastien Schuller dévoilent des charmes irrésistibles dès la première écoute ; l’auditeur hésite entre une chair de poule tenace et quelques larmes versées presque contre sa volonté. Si l’effet est quasi immédiat, il a également le mérite de se prolonger dans le temps… Grâce à la richesse de la production (qui reste malgré tout très sobre), on a même carrément l’impression de découvrir les titres à chaque écoute. Tous les petits détails dont le disque a été truffé contribuent à des décollages répétés pour des sphères lointaines : les claviers aériens, la voix cristalline et émouvante, les gimmicks entêtants, les mélodies imparables. A titre d’exemple, on pourrait écouter Weeping Willow des centaines de fois (c’est déjà fait d’ailleurs), cela n’y changerait rien : ce morceau restera toujours un chef d’œuvre, une infernale machine à provoquer de délicieuses hallucinations… Et ce n’est pas le seul ! Wolf, avec son rythme lancinant, ses chœurs en apesanteur et ses parties de piano, d’orgue et de mélodica addictives (le fantôme de Air passe subrepticement) marque durablement lui aussi. Tout comme Tears coming down et ses ambiances sur le fil du rasoir à la Perry Blake et sa voix à la Thom Yorke. Un peu plus loin, sur le quasi religieux Donkey Boy (cette voix gorgée d’écho, comme si elle avait été enregistrée dans une église), on pense même carrément à Radiohead. Le dernier morceau, quant à lui, pourrait éventuellement se rapprocher de Syd Matters (qui a lui aussi écouté le groupe d’Oxford), un autre talentueux français fasciné par la pop/folk spatiale chantée en anglais. L’uniformisation reggae/chanson réaliste n’est pas encore pour demain en France, ouf !