Artiste :
Band Of Skulls Titre :
Baby Darling Doll Face Honey
Style :
Pop - Rock Récemment en tournée en première partie des concerts américains de Black Rebel Motorcycle Club, les Anglais de Band Of Skulls (revenus vivants du concours de celui qui prend le nom qui fait le plus peur aux vieilles dames) évoluent dans un univers très proche de ceux des White Stripes, des Kills, de Dead Weather, des Black Keys et de... BRMC, dans une moindre mesure toutefois pour ces derniers... Le trio basé à Londres et Southampton ne cherche pas à inventer un nouveau style musical ou à être original, il essaie juste d'écrire des pop songs basiques et sexy, tout en étant joliment matinées de rock 'n roll et de blues zeppelinien. Avec Matthew Hayward (batterie), Russell Marsden (guitare, chant) et Emma Richardson (basse, chant), pas de fioritures, de volonté de sauver le monde ou de prétention excessive : les riffs de guitares et les courts solos sont simples, directs et efficaces, les rythmiques tapent là où ça fait mal tout en sachant se faire plus calmes, les voix féminines et masculines ont juste ce qu'il faut d'arrogance pour accrocher l'oreille et les morceaux du groupe sont protéiformes. Les trois rockers aux cœurs tendres savent en effet aussi bien écrire des titres tubesques invitant à faire du rentre dedans au premier venu (Light Of The Morning, I Know What I am, Patterns, Death By Diamond And Pearls, Bomb) que des bluettes presque folk ou pop psyché (Honest, Fires). Si l'on apprécie moins le chant, plaintif - à la Bono – sur le titre Impossible, ou trop maniéré sur Cold Fame, l'album Baby Darling Doll Face Honey, sans être génial, comporte assez de promesses et de munitions pour donner des concerts enflammés. Et donner envie de suivre les aventures de ce gang de desperados au nom terrifiant. A voir en concert...
Artiste :
The Warlocks Titre :
Heavy Deavy Skull Lover
Style :
Pop - Rock Nouvel album impressionnant de psychédélisme drogué pour The Warlocks… Avec le planant et sidérant Heavy Deavy Skull Lover, le démoniaque combo emmené par Bobby Hecksher livre une sombre ode au bruit, le genre de disque idéal pour décoller vers d'autres cieux… Le voyage - bien trippant - dans la vallée de la mort décrite par The Warlocks vaut assurément le détour ! Comme dans un film d'horreur au suspens bien mené, l'auditeur se retrouve souvent assailli - juste aprés une mélodie presque douce - par des terrifiants zombies armés de guitares vrillantes. Adeptes des expérimentations sonores du Velvet Underground, de The Jesus and Mary Chain et de Suicide, proche du Brian Jonestown Massacre (Bobby Hecksher en fut le guitariste… ), les Warlocks aiment à repousser les frontiéres du format pop sixties en y injectant (contre son gré) des torrents de bruit nocif… Le chant desespéré du leader du groupe semble souvent enseveli vivant sous un déluge de distortion crunchy… Puis, n'ayant plus rien à espérer, il se tait pour laisser place à de longues jam sessions qui enthousiasmeront les fans de bruit psyché. Malsain, étrange, captivant, extrême, degénéré et dangereusement addictif, le dernier disque de The Warlocks risque donc bien de faire des sacrés dégats sur le cerveau de ceux qui seront restés trop longtemps exposés à ses dix pistes… A vérifier de toute urgence !
Style :
Metal Vainqueur du tremplin nord-est, Skull avait crânement ouvert les hostilités des Eurockéennes 2001, tout en inaugurant la scène de la Plage devant les festivaliers les plus ponctuels et les plus motivés. Une grosse claque metal dans le gueule des festivaliers, instantanément décalqués contre les barricades où, heureusement, personne ne s'était encore soulagé. Si le groupe s'appuyait déjà sur un LP de bonne facture, l'album avec un grand A est né au bout d'une longue gestation, le groupe n'ayant pas chomé sur toutes les scènes (plutôt nordiques hélas) du métal actuel depuis quelques années.
Il doit ainsi rester peu de métalleux, avec ou sans cheveux, dans le grand nord-est qui n'aient pas eu la chance de se faire décrasser les cages à miel par Marc et sa bande ! Difficile pourtant de croire, à l'écoute, que derrière Skull se cache une bande d'amis alsaciens tant le chant en anglais (sans la touche si répandue et pénible de frènche axante) sonne juste et évidente, tant le son est bien produit. Chant qui, bon point, ne fait pas dans le hurlement systématique, celui-ci n'étant utilisé qu'à bon escient (assez souvent quand même !) Par ailleurs les visuels soignés et classieux de Linuslab, l'artiste montant que tout le metal français s'arrache, agrémentent ce CD d'une tonalité rouge velours (sang ?),du plus bel effet.
Attention, ceci reste un disque de (néo)métal, avec des tonalités thrash. Le néophyte pourrait donc s'y tromper et trouver que tout se ressemble. Que nenni ! Au fil de l'album le connaisseur s'amusera à rechercher les influences de Skull ! On croit ainsi reconnaître du Sepultura (Purify), du Pantera (The scent of a new God), ailleurs encore Alice in Chains ou Korn... Quand à la dernière chanson, à l'intro électronique mélodique et sombre, sa fin ne déparerait pas sur un album old school de Metallica (époque One). Les deux chansons en français, dont je crois que c'est mes préférées, font elles très logiquement penser à ... nos bons vieux Lofofora nationaux ! Mais surtout je dirais que c'est celles qui ressemblent le plus à du ... SKull ! J'émettrai ainsi l'avis parfaitement péremptoire que la chanson "La Substance" est la plus originale et la meilleure de l'album : c'est celle qui me donne le plus envie de me taper le crâne dans les murs (ce qui est bien le but je suppose, non ?).
Finalement on finit par se dire que si ça ressemble à tant de choses c'est que ça ne ressemble qu'à du Skull ! De la même façon que les white Stripes rappellent la plupart des plus grands groupes de rock et de blues, sans pour autant les plagier, Skull revisite tout ce qui pousse au cul depuis une quinzaine d'années et c'est franchement un pur bonheur, quand bien même ce ne serait pas une révolution. Loin du monde mythomane de Pleymo, c'est bon de savoir que de vrais artisans de metal comme SKull, ou encore Eths qui lui aussi a sorti récemment un vrai album, prennent encore la relève, se créent une vraie crédibilité scénique et arrivent dans les bacs nationaux ! A soutenir absolument, et pour un prix modique voire ridicule, si vous aimez le metal vous ne pourrez pas être déçu(e) !
2004 (Dirty 8)
(juin 2005) Le premier clip de Skull est à télécharger ici ... et il tue. Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.skullmusic.fr.st www.linuslab.com
Style :
Rock Avec son précédent album, Beat ‘em up (sorti en 2001), Iggy Pop semblait avoir décidé de produire une sorte de Hard Rock banal, bien aidé par son groupe de scène, The Trolls. Deux ans plus tard, deux nouvelles faisaient espérer les inconditionnels de l’inventeur du Metallic KO : tout d’abord, la reformation des Stooges pour une série de concerts lucratifs dans les festivals mais surtout la participation des frères Ron et Scott Asheton sur le nouvel album Skull ring ! Tout cela était plutôt de bonne augure…
Las, sous la pression du business et à cause de son désir de vendre des disques pour assurer sa retraite, l’Iguane a fait de l’œil aux exécrables (mais très vendeurs) Sum 41 et a rappelé son groupe de baloche Hard FM, The Trolls, pour six titres insipides. Au risque de se brouiller avec le leader des Trolls, le guitariste Whitey Kirst, il aurait fallu oser un disque entier avec Ron Asheton à la basse et à la guitare, Scott Asheton à la batterie et Iggy Stooge au chant… On se retrouve donc avec seulement quatre titres enregistrés avec les Stooges : Little electric chair - excellent -, Skull ring - basique et pompé sur un riff archi connu-, Loser et Dead rock star, le même morceau avec des paroles différentes… Si le son est là et ravira les fans des Stooges, l’inspiration est donc aux abonnés absents… D’où l’« intérêt » de faire appel à Sum 41 pour un titre de Hard FM, à Green Day pour deux morceaux de punk light (dont un pompage quasi intégral de The Passenger) et - ouf ! - à Peaches pour une bonne reprise de Rock show et un Motor Inn honnête. Pourquoi n’avoir pas plutôt contacté les BellRays ou Zen Guerrilla pour composer et jouer des titres de maximum rock & soul voire les Datsuns pour quelques titres de rock high energy ? Sans doute sont-ils trop méconnus aux USA…
On se retrouve donc avec un album légèrement meilleur que Beat ‘em up (difficile de faire pire, il est vrai), une sorte de patchwork constitué de morceaux disparates et inégaux destinés aux radios commerciales. Quand on pense qu’Iggy n’a pas retenu la proposition de Jack White des White Stripes de produire un album entier des Stooges avec lui-même à la basse et à la composition de plusieurs morceaux… Quel gâchis ! Espérons que ce n’est que partie remise.