Style :
Pop - Rock / Punk Retour majoritairement digne et puissant pour les mythiques Stooges d’Iggy Pop, qui officialisent ainsi par un nouveau disque correct leur réunion scénique réussie… Sans être un chef d’oeuvre absolu comme les albums Fun House (1970), The Stooges (1969) ou Raw Power (1973), The Weirdness est un bon album de punk rock nerveux et racé flirtant malheureusement parfois avec le hard rock inoffensif (She took my money) ou le slow sirupeux et poussif (The Weirdness). Mais l’essentiel est là : de nombreux titres lardés de riffs de blues recyclé signés Ron Asheton, des solos à la « wah wah qui déchire », le chant percutant de Mr Osterberg, les rythmiques « dans ta face » de Scott Asheton et Mike Watt, une production rock ‘n roll signée Steve Albini, sans oublier le sax souvent bienvenu de Steve MacKay. Arrivant après Trollin, You can’t have friends et ATM, trois bons rock joyeusement bas du front placés en ouverture du disque, le meilleur titre s’intitule My idea of fun, et rien que pour ça, on doit écouter le nouvel album des Stooges ! Car sur un riff saignant du grand Ron, Iggy prend un malin plaisir à chanter un jouissif : « Mon idée du bonheur, c’est tuer tout le monde ! ». Le morceau est furieusement rock et donne envie de tout casser, comme The end of christianity, une énième variation sur le génialissime riff de TV Eye, Mexican guy, une autre réussite (proche de 1969, cette fois), Free and freaky, avec une citation d’un riff punk des Ramones piqué par Johnny Thunders (Chinese rock). Pas génial, mais globalement réussi, The Weirdness donne une réelle envie de revoir les Stooges sur scène. Ça tombe bien, une nouvelle tournée est prévue !
A lire également, la chronique du dvd Live in Detroit et le compte rendu du formidable concert des Stooges au Zénith de Paris, en 2004.
Artiste :
Iggy & The Stooges Titre :
Live in Detroit
Style :
Rock « Detroit, I Love you ! I’m so fucking glad to be home ! »Iggy Pop n’avait plus joué avec les Stooges dans le Michigan depuis 1973, un concert immortalisé sur le fracassant et mythique album live Metallic KO. Forcément, l’heure de la réformation ayant sonné en 2003, le leader du mythique combo est content de jouer à la maison, et ça se voit sur ce dvd pourtant filmé de manière approximative.
30 ans plus tard, on n’entend ni ne voit les canettes de bière se fracasser sur les cordes des guitares mais l’énergie animale des deux premiers albums des Stooges est toujours là. Tel un fakir se contorsionnant sur les clous électriques consciencieusement enfoncés par son groupe, Iggy hurle, baise ses amplis, plonge dans la foule et l’invite sur scène pendant Real Cool time et No fun. C’est un « good fucking evening » comme le vocifère si bien le maître de cette grand messe revival. Car si les frères Asheton sont un peu patauds dans leurs allures et moins tranchants qu’auparavant, ils assurent l’essentiel : faire un bruit primaire sur lequel Iggy peut se vautrer avec violence. Les deux autres Stooges, Mike Watt et Steve MacKay, sont eux-aussi précieux : le premier n’en revient pas de tenir la basse dans son groupe préféré, il joue donc chaque titre avec une énergie surnaturelle, le second, au sax, apporte un incroyable plus en insufflant un fascinant mystère à partir de la moitié du show…
Cette orgie sonique se termine par une version mémorable d’I wanna be your dog qui donne réellement envie d’aboyer de bonheur. Cela tombe bien, en plus d’un surprenant et instructif concert dans un magasin de disques (Iggy expliquant la genèse des morceaux qui ont marqué tant de monde), la version karaoké du morceau se trouve en bonus. Allez on reprend tous en chœur : « Now I wanna be your dog… Well, come on ! »
A lire également : la chronique du concert d’Iggy & The Stooges au Zénith de Paris en juillet 2004.