Style :
Pop - Rock Vitalic a choisi d'intituler son nouveau bébé Flashmob car il savait que la galette serait attendue au tournant. Cet album sort 4 ans après Ok cowboy encensé par la critique qui apprécie une électro-disco tendance qui ravie les bobos. Ces derniers en mal de nouveautés qui leur permet de briller en société ne peuvent plus lâcher un : « Tu connais Vitalic ? Le dernier album est vraiment bien tu sais... ». Il est plus facile d'attaquer le monsieur qui n'a pas pris un tournant radical mais a plutôt choisi de laisser de côté les montées puissantes qui caractérisaient le précédent lp pour s'attacher à travailler ses sons et laisser s'étirer de longues nappes de synthétiseurs. C'est plus minimal, aussi bon et ça n'empêchera pas les mauvaises langues d'aller le voir en live car sur ce terrain là les preuves de l'artiste ne sont plus à faire...
Chronique initialement publiée dans le numéro 32 du Tafeur
Signature : Vilay
Style :
Pop - Rock Après une très longue attente, heureusement parsemée de prestations régulières (pas moins de 4 live à notre actif, sur la période), retour au vinyl et au polycarbonate pour le français Pascal Arbez, aka Vitalic, compositeur électro-rock qui assure en interview qu'il a choisi délibérément de faire ici un album moins rock que le précédent. C'est peu dire que cela s'entend, comparé au phénoménal OK Cowboy dont 4 ans n'ont pas suffi à nous lasser !
L'affaire s'ouvre sur un morceau roboratif à défaut d'être révolutionnaire, See the sea (Red), qui sonne comme du Jean-Michel Jarre du 21ième siècle (NB : l'auteur de ces lignes n'a jamais renié l'influence majeure, quoique datée, de Monsieur Jarre !). Le single annoncé Poison Lips, n'est cependant guère plus moderne, à entendre sa ligne de basse, on croirait du Giorgio Moroder à peine remixé (même remarque que pour JMJ bien sûr...). Dans les deux cas, c'est toujours agréable à entendre, mais est-ce encore pertinent ou même nécessaire en 2009 ?
Il semble que la force des mélodies a singulièrement perdu en vigueur - trou d'air dans l'inspiration sans doute. Et les morcaux à vocation plus "boom-boom" sont pas forcément percutants non plus. En plus de recycler une seule idée à l'infini, Flashmob ou Chicken Girl ne partent hélas jamais vraiment... Tandis que Second Lives ou la honteuse One above One évoquent surtout les titres de dance interchangeables que passe M6 tard le soir depuis bientôt vingt ans, à peine relookés - avec un peu d'imagination, on entrevoit la danseuse péroxydée à platform shoes et le montage clip qui va avec... Bien loin du raffinement et de l'humour de la déesse en cuir, des cheerleadeuses et des air-bangers fous du jouissif My Friend Dario !
On peut toutefois sauver Terminateur Benelux en tant que madeleine proustienne de l'époque OK Cowboy : toujours pas très originale, mais plutôt bien foutue, entre ricanement salace et percus de fin. Et un morceau très intéressant tout de même : Still, dissonant et inquiétant, pic enfin vénéneux de l'album, qui évoque aussi les recherches avancées des laborantins de Metronomy. De même le groovy et recherché See the Sea (Blue) bien plus travaillé que son titre-cousin, ou même Your Disco Song qu'on peut rattraper sur la foi de sons très travaillés (comme la voix de Vitalic lui-même).
Mais pour finir, on note que l'album est singulièrement plus court que le précédent... Ce qui appuye singulièrement une autre frustration majeure : pas trace ici des quelques nouveautés plutôt tuantes qu'avait distillé le grand chauve sur un live semi-confidentiel (V Live, 2007). Où sont les chouettes The 30000 Ft Club, Bells et l'addictif sifflement robotique d'Anatoles, dont on attendait une version studio gonflée à bloc pour péter les plombs ? Qu'est-ce que ça coutait de les mettre ici ? Déception globale donc, à la hauteur de l'attente sans doute : si un inconnu avait sorti Flashmob, on l'aurait sans aucun doute mieux accueilli. En attendant un regain de forme sur disque, restent heureusement les prestations live du bonhomme, assez passionnantes et systématiquement variées.
(2009) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : http://www.myspace.com/vitalicofficial
Style :
Pop - Rock Vitalic, outre un concert raté mais paraît-il enthousiasmant pour cause de grosse fatigue aux Eurockéennes, ce fut d'abord pour nous un clip phénoménal : My Friend Dario (visible sur vitalicokcowboy.com)... une grenade dégoupillée ! Rencontre au sommet entre une chanteuse lookée à la Kill Bill, 3 cheerleadeuses atomiquement sexy et 3 affreux métalleux pratiquant un air guitar/bass/drums à hurler... Instantanément décérébré par ce tube, on se retrouva malgré soi à faire pareil devant sa télé.
C'est donc animé du meilleur pressentiment que l'on écoute le premier LP de Pascal Arbez aka Vitalic, jeune DJ nantais fort doué qui a su efficacement rebondir sur la vague mollissante des Chemical Brothers (coincés dans une boucle répétitive depuis la fin du 20e siècle) et autres Daft Punk en pleine dégénérescence régressive.
Première surprise : My Friend Dario, délire électro-rock catchy et jouissif, n'est pas la meilleure chanson de l'album, loin s'en faut, ni même la plus énervée. Après Polkamatic qui démarre en douceur mélodique, on comprend à qui on a affaire dès Poney part 1 : Vitalic c'est d'abord de la techno aggressive et séminale, qui trouve son pic avec La rock 01, une tuerie à faire danser un CRS en faction, avec sans doute le vrombissement le plus addictif entendu depuis The sound of big babou de Laurent garnier. Constatant l'effet de ce morceau au casque et à jeun (on perd le contrôle de son corps dès la 2ème minute), on est comme pris de vertige en s'imaginant l'entendre en live (à Paris on a pu confirmer qu'en effet ça cogne du slip) et sous l'emprise de psychotropes...
Mais Vitalic est aussi un malin qui, à l'instar du bricoleur de génie qu'était Moby à sa première époque, a retrouvé la formule de l'électro "émouvante" : des titres évocateurs comme The Past ou Trahison, mixant habilement vieux sons de synthé old school et vrais instruments, qui déclenchent une réelle émotion, presque une mélancolie !
Si certaines chansons sont banales voire vaguement agaçantes (No fun ou wooo par exemple), elles sont largement compensées par des déferlantes sonores comme Newman, ses voix torturées au vocodeur et sa ligne de basse/guitare vrombissante, digne de la jilted generation de Prodigy, ou encore le bijou sonore poney part 2, ou même u and i qui ressemble à du Kraftwerk légèrement accéléré. En queue d'album, un dernier tintamarre de percussions de batucada, certes hors sujet mais assez phénoménal lui aussi.
On l'aura compris, entre ceux dont la techno se répète et ceux dont elle est devenue trop intello pour réellement déclencher l'enthousiasme, il y a un espace étroit mais incroyablement prometteur, qu'on pourrait appeler le futur de la techno, et c'est Vitalic qui s'y est glissé ! Chaudement recommandé pour mettre le feu à votre cerveau et à vos dance-floors : on a pu le confirmer après un énorme live à Rock en Seine 2005 !...
(Play It Again Sam 2005) Signature : Philippe Envoyer un message à Philippe Page Web Conseillée : www.vitalic.org