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Printemps de Bourges du 13 au 18 avril 2010 - Bourges (18) Le 34ème Printemps de Bourges se tiendra du 13 au 18 avril 2010, il vous donne rendez-vous pour un festival riche en couleurs...musicales !
Printemps de Bourges : vos critiques de concert |
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Présentation complète :
Interview de Zone Libre au Printemps de Bourges 2009
Interview de Yuksek au Printemps de Bourges 2009
Vidéo de Get Well Soon au Printemps de Bourges 2009
Vidéo de Boogers au Printemps de Bourges 2009
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La dernière édition |
|  |  | Ma 13 avril 2010 (19h) -M- + Gush (Complet) | Phénix - Bourges (18) |  | Ma 13 avril 2010 (20h) Fefe - Sexion D'assaut - Casey - Alonzo - Roce - Youssoupha (Complet) | Le 22 Est - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (12h30) Les Decouvertes Hip Hop : Micronologie... | Le 22 Est - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (18h) Jeanne Cherhal + JP Nataf + Feloche | Auditorium - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (18h) Wax Tailor - Hocus Pocus + Tumi and the Volume | Palais d'Auron - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (19h) Tremplin Talents Pression Live | Scène Pression Live - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (20h) Iggy & The Stooges + Archive + Emilie Simon + Izia | Phénix - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (20h30) Mary's Dream | Scène Pression Live - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (22h) Les Decouvertes Electro : Mr No, Doctor Flake... | Le 22 Est - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (22h) Das Pop | Scène Pression Live - Bourges (18) |  | Me 14 avril 2010 (22h30) Mekanik Kantatik | LE 22 Ouest - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (12h30) Les Decouvertes Rock : Arpad Flynn, Skip The Use, Beast, CoBson, Cats On Trees, Cheveu | Le 22 Est - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (16h) Trio Tzane - Ballake Sissoko & Vincent Segal (Complet) | Eglise Saint-Pierre - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (17h) Bb Brunes + Eiffel + Nada Surf + The Black Box Revelation (Complet) | Palais d'Auron - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (18h) Revolver + Fanfarlo + Bosque Brown | Auditorium - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (19h) Les Cowboys Fringants + Olivia Ruiz + Carmen Maria Vega + Coeur de Pirate (Complet) | Phénix - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (19h) Tremplin Talents Pression Live | Scène Pression Live - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (20h) Hindi Zahra - Madjo - 340 Ml | Théâtre Jacques Coeur - Bourges (18) |  | Je 15 avril 2010 (20h30) Lucy Lucy ! 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 | Chain And The Gang + Mustang + Ben Sharpa + Gizelle Smith & The Mighty Mocambos + Lexicon + Solillaquists Of Sound + Sexy Sushi + The Bloody Beetroots Death Crew 77 + Crookers (Printemps de Bourges 2010) - 17 avril 2010 - 22, Phénix, Palais d'Auron, Théâtre Jacques Coeur, Bourges 
Les concerts de Daniel Johnston et The Brian Jonestown Massacre à L'auditorium de Bourges ayant parfaitement lancé la dernière journée (pour nous, car dimanche il y a encore les très peu enthousiasmants Danakil, Tété et Diam's... ) du Printemps de Bourges 2010, c'est gonflés à bloc et le .../...
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Les concerts de Daniel Johnston et The Brian Jonestown Massacre à L'auditorium de Bourges ayant parfaitement lancé la dernière journée (pour nous, car dimanche il y a encore les très peu enthousiasmants Danakil, Tété et Diam's... ) du Printemps de Bourges 2010, c'est gonflés à bloc et le cœur léger que nos comptons bien mordre à pleines dents dans les très nombreux spectacles organisés qui au Théâtre Jacques Coeur, qui au 22 d'Auron, qui au Palais d'Auron, qui au Phénix... Il y a donc encore de quoi découvrir un nombre incalculable d'artistes !

Mustang
On commence par faire un petit tour dans le très beau cadre du Théâtre Jacques Cœur où Mustang officie en première partie d'Arnaud Fleurent-Didier, que nous ne pourrons malheureusement pas voir. Les progrès accomplis en un an – le groupe était sélectionné aux Découvertes ici-même en avril 2009 – sont remarquables : on sent le trio beaucoup plus décontracté et à l'aise... Si Jean Felzine joue toujours son rôle de leader/chanteur/guitariste/pianiste ultra looké et bravache, il a appris à sourire et à parler au public, ce qui est visiblement très apprécié par le Théâtre Jacques Cœur, très chaleureux. La section rythmique (basse, batterie + chœurs) est elle aussi en forme : carrée et soudée, elle pousse joliment au cul le songwriter de Mustang. Cela donne un très bon concert où Je m'emmerde, Anne Sophie et Maman chérie (entre autres) sont servis accompagnés de reprises bien senties de Little Doll des Stooges et de Chez les Yéyés de Gainsbourg. Ce mélange épicé entre le rock fifties d'Elvis, le Diddley Beat, la chanson pop et le rock 'n roll semble avoir séduit l'assistance qui gratifie le combo clermontois d'un rappel. Bien joué !

Ben Sharpa
On enfourche notre puissant destrier (non pas un mustang, mais un vélo pour femmes) pour rejoindre en quatrième vitesse le 22 d'Auron où une chaude nuit entre hip hop, rock vintage et soul music s'annonce particulièrement alléchante... Le premier artiste à fouler les planches est le rappeur sud africain Ben Sharpa, qui se lance dans un set hip hop revendicatif, enlevé et remonté. L'attitude franche du collier et simple du Monsieur, son flow bien assuré et ses morceaux aussi carrés que directs (du hip hop avec une petite touche d'afro world) ont de quoi séduire, même si l'on n'est pas un fan absolu de rap avec énormes basses. Signé chez Jarring Effects (un très bon label lyonnais), Ben Sharpa écume actuellement la France et l'Europe, avis aux amateurs !

Chain And The Gang
Place au grand moment de rock & soul de la soirée, le set hallucinant et puissamment classe de Chain And The Gang, le nouveau projet du mythique chanteur de The Make Up, Ian Svenonius... Ce show man évoquant un croisement réussi entre un personnage de Pulp Fiction, le méchant dans la planète des singes, un maquereau dans un film blaxploitation et un révolutionnaire a véritablement le feu sacré en lui : non content de chanter comme un rocker très soul, il danse, se contorsionne de partout et fait des ciseaux avec ses jambes, le tout en impeccable costard blanc... Notre homme est parfaitement accompagné par un guitariste/organiste, peu souriant mais excellent, et une rythmique basse/chœurs batterie très qualifiée pour le rôle. La très craquante bassiste hispanique à moue boudeuse provoquant quelques sueurs chaudes avec sa petite jupe en cuir son joli minois, sa voix arrogante et ses lignes de basse bien tricotées. Hou la la, chaleur !

Chez les explosifs et superbement instables Chain And The Gang, on ne sait jamais à quoi s'attendre : un titre de rock garage avec guitare crade et hurlements, de la soul susurrée, du rock and soul mâtiné de pop ? Chaque titre est différent du précédent, la constante étant les textes très à gauche et bien sentis sur la soi disant liberté qu'apporte le capitalisme, internet et tous les pseudo progrès apportés par la modernité surveillée. Ian Svenonius arrive à rendre la politique et la perspective d'une révolution sexy, un exploit de très grande tenue, réalisé en dansant comme un maniaque avec un sourire édenté et une touffe de cheveux absolument improbable. Grand groupe, grand chanteur, grand concert !

Gizelle Smith & The Mighty Mocambos
Le temps de discuter dehors dans l'espace aménagé pour les fumeurs ou les gens aimant prendre l'air et de constater qu'un bar gratuit servant du Jack Daniels vient d'être ouvert (quelle excellente initiative pour la lutte contre l'alcoolisme des jeunes et moins jeunes !) et Gizelle Smith & The Mighty Mocambos est déjà sur scène... Malgré le le peu de temps où on a eu le privilège de la voir évoluer sur scène dans son petit collant noir ultra moulant (cette soirée devient décidément un peu difficile à supporter, la température corporelle montant constamment... ), la très en forme Miss Smith et son groupe de feu (cuivres etc) nous a positivement ravi avec son Funk & Soul Rhythm and Blues particulièrement relevé. La beauté d'ébène basé entre Londres et Hambourg a une voix gorgée d'âme qui est vraiment à se damner, ses morceaux sont des classiques bien foutus et les arrangements sonnent " vintage " sans être poussiéreux. La CLASSE !

Lexicon
Juste après, on ne pourra pas dire que c'est la classe ! Le groupe de hip hop rock américain Lexicon étant en effet composé d'une bande de hooligans traumatisés par les Beastie Boys, le disco funk, les Red Hot Chili Peppers et le rock FM aussi festif que putassier. C'est vraiment n'importe quoi, cela ne ressemble à rien, ça tire sur toutes les grosses ficelles mais... en concert, avec un gros coup dans le nez (merci messieurs Kronenbourg et Daniels...) , c'est juste jouissif ! Un pur moment de régression bas du front. Fuck yeah ! Buvant du Jack (sponsor de la soirée donc) au goulot comme si c'était de la Volvic, cette bande de poivrots débarqués de Los Angeles a l'alcool très sociable et l'enthousiasme communicatif... Les deux frères qui rappent et racontent conneries sur conneries – les tentatives de textes en français sont d'une jubilatoire débilité – font réellement plaisir à voir et à entendre, avec en bande son un hip funk rock bien dégueulasse...

Le groupe qui accompagne les deux galopins est aussi improbable que les chanteurs : le taux d'alcoolémie aidant, on a l'impression que le guitariste ressemble à l'âne bâté David Guetta, le chanteur à bouclettes à Nicolas " ado forever " Sirkis, son frère hurleur à Axl " fuckin' " Rose et le bassiste... vraiment à rien du tout. Lexicon : un joyeux bordel idéal pour la débauche !

Solillaquists Of Sound Sexy Sushi
Jolie surprise que celle proposée par le collectif américain (d'Orlando en Floride), Solillaquists Of Sound, qui dévoile un set entre hip hop, rock et soul très bien accueilli par un public de feu... Comment en effet rester insensible et immobile devant un tel déferlement de hits à la fois conscients, bien écrits et d'obédiences extrêmement variées ? C'est impossible !

Le mélange des voix féminines et masculines, la diversités des sons généreusement offerts – hip hop rentre dedans ou délicat, drum 'n bass énervée, passages soul trip hop plus calmes – les changements de rythmes et la qualité des bandes sons convainc durablement, donnant envie d'en entendre très rapidement plus sur scène en live.

Sexy Sushi
A partir de ce moment là, la soirée tombe franchement dans une sorte de fête déglinguée très drôle et propice au dérapage non contrôlé... On quitte le 22 d'Auron pour se rendre à la très courue Rock 'n Beat Party au Palais d'Auron, qui est déjà bien entamée. Et après une petit attente en compagnie d'une bande de bambocheurs invétérés (la salle est prise d'assaut), on tombe avec grand joie sur le set de Sexy Sushi, un gratiné, audacieux et très racoleur mix électro punk entre Mylène Farmer, Alizée, A Cause des Garçons et Les Bérus envoyé rudement par le duo Rebeka Warrior et Mitch Silver (de Nantes, avec la méconnaissable Julia Lanoë de Mansfield TYA aux outrages vocaux et physiques), accompagnés par un maitre de cérémonie avec cagoule noire du KKK (bouh, on est effrayé !).

Au menu : pseudo rébellion à peu de frais, une sorte de grand défouloir déjanté (mais calculé pour faire les poches des kids), une manière d'exorciser la frustration sexuelle des adolescents et de les rendre dingue en parlant du Sex appeal de la policière, de Rachida D., de Cheval et de Bling Bling Bling... La dominatrice, franchement excitée et assez sexy dans ses atours androgyne torse nu avec bout de scotch sur les seins, qui officie au micro dégueule ses paroles et insultes pour le moins décalées, sexuelles et provocantes avec une jubilation palpable... Certes, ça ne va pas chercher bien loin (à part Christine Boutin et ses fous de Dieu, qui est choqué par ça ?), mais c'est idéal pour hurler en chœur des inepties, sauter en l'air comme un taré et faire le con entre amis...

Ce qui semble être le but du public et des artistes sur scène : innocent arbuste consciencieusement arraché (et l'écologie, bordel de merde !), lâchers de jurons à la chaine (" bande de bourgeois ! "), envahissement organisé de la scène, slam sur les gens (" jusqu'au fond, putain ! ")... Si l'écoute en solo sur disque ne nous viendrait pas l'idée, le trip scénique de Sexy Sushy vaut le détour s'il est très tard dans la nuit et si l'on est parti pour s'en mettre une sévère... On ressort du Palais d'Auron en méditant cette phrase mémorable signée Sexy Sushi : " le sex appeal de la policière me fait mouiller devant, derrière / elle m'attache avec ses menottes, la policière se déculotte... " Ah, oui, quand même, c'est pas du Jean d'Ormesson !

The Bloody Beetroots Death Crew 77
Dans le Phénix (rempli à ras bords de gens très chargés), c'est une véritable bombardement de beats et de cris : une orgie techno electro punk avec un canardage en règle de boum boum couplé avec moults vociférations saturées dans le micro. Ce sont les salement électrisants The Bloody Beetroots Death Crew 77 qui se chargent de faire péter les plombs à une salle tout entière, où l'on a préalablement enlevé les gradins... Son énorme, titres défonçant soigneusement les tympans, c'est la formule gagnante pour la plus grande boite de nuit de Bourges. Ce groupe n'a rien inventé à proprement parler (c'est du Daft Punk punk) mais son set est un intense moment de magie noire électronique et rock.

Crookers
Sans temps mort, car il y a une autre scène dans le Phénix juste à côté de celle " saccagée " par les sons de The Bloody Beetroots Death Crew 77 (les choses sont bien faites dans le Berry), Crookers enchaine pied au plancher pour un début de set qui donne envie de continuer à prolonger la fiesta jusqu'au petit jour... Le tir de barrage électronique qui part de la scène contribue à agrandir encore un peu plus le large sourire qui irradie notre visage. Les titres de Crookers en direct live sont vraiment une tuerie quand ils sont joués à fort volume dans une immense discothèque ! Parfaite et très excitante conclusion pour ce Printemps de Bourges 2010 donc, et ce à l'endroit même où il avait commencé pour nous : au Phénix avec les toujours bandants Stooges... La boucle printanière est bouclée.
Liens : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/legroupemustang, www.myspace.com/bensharpa, www.myspace.com/chainandthegang, www.myspace.com/gizellesmithmusic, www.myspace.com/lexicon, www.myspace.com/solilla, www.myspace.com/sexysushimusic, www.myspace.com/thebloodybeetroots, www.myspace.com/crookers...
A lire sur le Printemps de Bourges 2010, des chroniques des concerts de Midlake + Tunng, Wave Machines, Royal Bangs, The Love Me Nots, Fool's Gold, Ladylike Dragons, Les Plastiscines, Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra, The Brian Jonestown Massacre, Health, LoneLady, Teenage Bad Girl, The Subs, Gazelle, Koudlam, Iggy & The Stooges, The Black Box Revelation...
Photo de Bloody Beetroots prise à Marseille par Boby.
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|  | Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra + The Brian Jonestown Massacre (Printemps de Bourges 2010) - 17 avril 2010 - L'Auditorium de Bourges 
L'affiche réunissant Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra et The Brian Jonestown Massacre au Printemps de Bourges 2010 était magique sur le papier pour les fans de rock flirtant avec les troubles frontières de la santé mentale... Elle a tenu de nombreuses promesses malgré la maladie .../...
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L'affiche réunissant Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra et The Brian Jonestown Massacre au Printemps de Bourges 2010 était magique sur le papier pour les fans de rock flirtant avec les troubles frontières de la santé mentale... Elle a tenu de nombreuses promesses malgré la maladie de Mr Johnston et le concert trop court d'Anton Newcombe & Co... On ne sait pas si Danny et Anton se sont croisés backstage, mais si c'est le cas, l'homme qui voit l'ombre du démon partout et celui qui veut que la musique reste diabolique ont dû avoir des choses à se raconter !

Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra
La très belle salle de l'Auditorium de Bourges est comble lorsque le B.E.A.M. Orchestra déboule sur scène, suivi peu de temps après par un Daniel Johnston dont le physique de vieillard obèse est vraiment inquiétant pour l'avenir... Quelle tristesse de constater les ravages faits par la maladie sur cet homme génial ! Toujours hanté par ses fantômes et poursuivi par d'incessants tremblements des membres supérieurs (qui ne font rire que certains idiots dans la salle), le divin songwriter nous fait peur en début de concert : sa voix est très mal assurée, le premier morceau est un peu bâclé par le B.E.A.M. Orchestra (une troupe hollandaise de jazz expérimental dont le nom échappe au pauvre Daniel quand il veut la présenter) et les deux titres joués en solo juste après sont pathétiques, Mr Johnston n'arrivant pas à jouer correctement de sa mini guitare... A cet instant précis, l'on se dit qu'on aurait dû rester sur la très bonne impression scénique laissée par le récent auteur de l'album Is And Always Was au Café de la Danse à Paris, en juin 2005.

Puis, fort heureusement, Daniel Johnston s'assoit derrière son pupitre (où il lit consciencieusement ses textes) et se lance dans Mind Movies, avec l'aide sobre et classe de ses musiciens. On pousse un " Ouf ! " de soulagement ! Car si la voix est chevrotante et déraille parfois, elle charrie toujours un flot d'émotions dont il est difficile de se défaire. Celles-ci font en effet souvent écho à ce que tout le monde ressent un jour où l'autre : on rêve tous de rencontrer l'amour avec un grand A ou d'être un superhéros volant au secours de la veuve et de l'orphelin, voire un sanglant acteur de films d'horreur... Le travail du B.E.A.M. Orchestra sur l'instrumentation permet, quant à lui, à l'ensemble de tenir la route et d'être surprenant : ce groupe sait jouer de façon jazz, pop, folk ou rock, en s'adaptant aux chansons et en apposant sa patte sur les arrangements. Les fans purs et durs de LO Fi – qui restent bloqués sur le Daniel Johnston des débuts, on les comprend mais il faut savoir être réaliste – froncent un peu les sourcils, les autres apprécient à sa juste valeur la relecture des morceaux avec cordes, cuivres, percussions et piano. Hyper concentré, le maitre de cérémonie, s'applique autant qu'il peut entre deux gorgées d'eau ou petits remerciements. A bout d'une vingtaine de minutes, on verse notre première petite larme sur une ballade lennonienne absolument bouleversante. Quel privilège de pouvoir partager quelques courts instants avec un pareil artiste ! La salle semble du même avis que nous, à part un ou deux néophytes peu convaincus ou voyeurs ricanant lamentablement. Un spectateur résume le sentiment général en hurlant " I love you ! " lors d'une pause, une bien belle manière de dire au chanteur – qui s'inquiétait un peu plus tôt avec un très mignon " Are you Still There ? " – qu'il ne joue pas seul devant un mur. L'assistance est bien là pour la fin du set, qui est un pur bonheur : le groupe et la vedette de la soirée se mettent à rocker façon Beatles sur l'excellent Fake records of Rock 'n roll, se lancent dans une version à tomber à la renverse de Devil Town et offrent à l'occasion des rappels une très belle interprétation de l'immense True Love Will Find You In The End. Un titre qui nous fait fondre en larmes du début à la fin.

Daniel Johnston semble content de sa soirée : sa joie d'avoir été rappelé alors qu'il était retourné brièvement dans les loges semble sincère. Le dernier morceau terminé, tel un élève appliqué content d'entendre sonner la fin du cours magistral, il regagne définitivement et prestement ses quartiers, non sans avoir pris son classeur où figurent certaines des plus belles pages de la pop contemporaine. Si la nuit se poursuit avec des concerts jusqu'au bout de la nuit, les premières notes que l'on siffle au réveil le lendemain sont celles des chansons uniques de cet extra terrestre. Un grand monsieur auquel on souhaite une vie aussi longue et heureuse que possible.

The Brian Jonestown Massacre
Tout retourné par la prestation de Daniel Johnston, il reste encore le set de The Brian Jonestown Massacre pour nous faire bénéficier du deuxième effet " psyché cool " : un peu plus d'une heure de cérémonie sauvagement noire, super rock 'n roll, hyper droguée et très impressionnante. Sans doute mécontent de devoir minuter sa prestation et de jouer à un horaire inhabituel (19h30, l'heure normale du petit déjeuner pour BJM ?), le groupe d'Antom Newcombe et Joel Gion s'attache à enchainer ses morceaux sans moufter.

Comme nous sommes situés en plein milieu des gradins et assez proche de la scène, la troublante sensation d'être au cœur du magma sonore créé par Brian Jonestown Massacre est véritablement saisissante. C'est parti pour un trip très prenant où les entrelacs de guitare noisy, les riffs stoniens ou velvetiens et les parties vocales pop ou atmosphériques emmènent dans une sorte de paradis à la fois maléfique, hallucinogène et étrange. Si le groupe ne décroche presque pas un mot (seul Joel Gion dira merci au cours d'un set conclus par un laconique " Thank you so much " par Mr Newcombe), la musique parle d'elle même : boostées par un batteur remarquable, un solide bassiste et le duo tambourin/maracas de l'inimitable Mr Gion, les guitares vintage (de 6 à 12 cordes) se lancent dans des duels vrillants, pendant que le leader de Brian Jonestown Massacre ou l'un des quatre guitaristes, Matt Hollywood, interprètent les morceaux avec un détachement absolument parfait. Ce show best of (When Jokers Attack, Servo, Oh ! Lord... ) aurait certes gagné à s'étirer avec les longs morceaux bruitistes des deux derniers albums (My Bloody Underground et Who Killed Sgt. Pepper ?) mais du coup la set list ne comporte pas un seule baisse de régime, aucun atterrissage forcé au cours du long vol plané sonique qu'elle initie.

Ce concert-là c'est un peu comme prendre un aller simple vers le pays du psychédélisme noisy de BJM, en endroit où My Bloody Valentine, The Velvet Underground, The Rolling Stones, Spacemen 3, The Jesus And Mary Chain, Joy Division et The Beatles passent au travers du filtre du cerveau admirablement cramé d'Anton Newcombe. Pas beaucoup de surprises lors de ce concert de BJM au Printemps de Bourges, mais la confirmation d'un immense talent pour délivrer des prestations scéniques époustouflantes de puissance. Car truffées de diaboliques pop songs sonnant déjà comme des classiques...

Liens : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/brianjonestownmassacre, http://brianjonestownmassacre.com, www.myspace.com/dannyjohnston, http://www.hihowareyou.com...

A lire sur le Printemps de Bourges 2010, des chroniques des concerts de Health, LoneLady, Teenage Bad Girl, The Subs, Gazelle, Koudlam, Iggy & The Stooges, The Black Box Revelation, Chain And The Gang, Mustang, Ben Sharpa, Gizelle Smith & The Mighty Mocambos, Lexicon, Solillaquists Of Sound, Sexy Sushi, The Bloody Beetroots Death Crew 77 et Crookers , Wave Machines, Royal Bangs, The Love Me Nots, Fool's Gold, Ladylike Dragons, Les Plastiscines, Midlake + Tunng...
Photos : Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com
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|  | Your Happy End + Plus Guest + Filiamotsa + Quadricolor + The Popopopopops + Araban (Printemps de Bourges 2010) - 16 avril 2010 - Le 22, Bourges 
Belle fournée 2010 pour les découvertes rock du Printemps de Bourges le vendredi 16 avril, avec 6 groupes français sans doute promis à un bel avenir, même s'ils évoluent dans des styles bien distincts et pour des publics très différents : Your Happy End, Plus Guest, Filiamotsa, .../...
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Belle fournée 2010 pour les découvertes rock du Printemps de Bourges le vendredi 16 avril, avec 6 groupes français sans doute promis à un bel avenir, même s'ils évoluent dans des styles bien distincts et pour des publics très différents : Your Happy End, Plus Guest, Filiamotsa, Quadricolor, The Popopopopops et Araban.

Your Happy End
Après notre traditionnel retard à l'allumage - les concerts des découvertes débutent à 12h30, ce qui est un peu tôt, vous en conviendrez aisément -, on arrive juste à temps pour assister à la moitié du set des Havrais de Your Happy End, ouf ! Il aurait été en effet franchement bête de louper ce très intense mélange de pop étrange, de post rock viscéral, de trip hop planant, de hip hop décalé et d'electro vrillante.

Car, à peine arrivé dans la salle du 22, copieusement garnie, on est littéralement assailli par la puissance de feu de ce groupe, certes encore jeune, mais déjà très impressionnant sur scène. Les guitares, les chants, les machines et autres bidouillages réussissent à créer un inextricable univers truffé de surprises sonores, de murs du son saisissants et de montées vers un ailleurs très prenant. A revoir !

Plus Guest
Juste après, les Strasbourgeois remontés comme des pendules de Plus Guest font une excellente impression avec leur heavy rock magistralement couillu et violemment mâtiné de hardcore... Sans chercher à inventer quoi que ce soit mais en faisant parler la poudre du début à la fin de son concert, Plus Guest réveille de belle manière puis électrise à sa façon : avec moult riffs de guitares acérés, cris bien envoyés et rythmiques façon blitzkrieg. C'est rock 'n roll, c'est frais, c'est " haute énergie ", ça ne se prend pas la tête et l'on dit bravo !

Tout en défouraillant sévèrement ses titres - entre les Hives et les Datsuns, pour faire court -, les quatre amis prennent également soin de placer quelques blagues bien senties sur l'organisation du Printemps de Bourges et sur un intéressant sondage à propos de la taille moyenne des pénis en France. Un groupe à découvrir si l'on est fan de rock hystérique !

Filiamotsa
Changement radical de style ensuite, avec la prestation habitée du duo violon/batterie instrumental Filiamotsa... Influencé par les sorties post rock du label canadien Constellation, le groupe de Nancy propose une demi heure de musique très touffue, hyper tendue et particulièrement agitée. La formule de Filiamotsa pour maintenir en alerte son public est très efficace : la batterie ferraille des rythmes enlevés et brisés, le violon est trafiqué avec moult effets et des samples de guitares vénéneuses apportent la touche finale à ce tableau à la fois apocalyptique et réjouissant.

Si l'horaire n'est pas forcément idéal pour déguster pareille mixture expérimentalo schizophrénique, le concert de Filiamotsa aux découvertes du Printemps de Bourges devrait leur permettre de se faire un nom. Malgré le côté revêche, insoumis et décalé de leur monde musical.

Quadricolor
On enchaine sans temps mort ensuite avec les très jeunes niçois de Quadricolor, qui, s'ils font montre d'une grande maturité scénique pour leur âge (18 ans) ne nous ont pas convaincu au niveau artistique. Rien de honteux, mais plutôt de trop appuyés regards vers le côté FM de la force, à notre humble avis.

Pourtant, le mélange entre pop, rock et électro proposé par Quadricolor pourrait être séduisant, si les voix étaient plus rugueuses et moins aseptisées et si l'ensemble ne sonnait pas si lisse. Toutefois, il y a là un talent indéniable pour trousser des électro pop songs pouvant séduire un très large public.

The Popopopopops
Passage énergique et frais pour les Rennais de The Popopopopops, très jeunes et déjà habitués des Trans Musicales de leur très belle ville... Comme chez Quadricolor, s'il y a de très belles promesses de séduction d'un auditoire fan de pop Fm enlevée, le disco pop rock des Popopopopops n'est pas notre tasse de thé, car pas assez rock 'n roll, trop orienté radio et desservi par des looks de garçons coiffeurs élevés dans les beaux quartiers.

Reconnaissons néanmoins les atours " jeunes et jolis " des membres du groupe (les filles vont apprécier) et la présence d'un tube à leur tout jeune répertoire : Dance Tonight, facile à reprendre en chœur, direct et sensuel. Peut-être faut il attendre que ce groupe arrive à maturité...
Araban
Les derniers à passer sont les découvertes rock de la région Auvergne, Araban... C'est à la fois un avantage et un inconvénient d'être programmé à 15h au 22 car si c'est bien de ne pas jouer à 12h30 pendant le repas ou la fin de la nuit, cela peut être également l'heure de la sieste ou de se restaurer pour certains peu curieux professionnels de la profession. Du coup, Araban joue devant une salle assez clairsemée (la bio les présentant comme des musiciens avec des " Dégaines de rabouins endimanchés " n'aidant pas, il est vrai) et plutôt molle, ce qui n'est pas l'idéal pour jouer du surf 'n roll très punk. Ajoutez à cela des problèmes de son sur les premiers morceaux, une pression inhabituelle et vous obtenez l'un des moins bons concerts de ce groupe, pourtant composé de bêtes de scènes.

Cela étant dit, il faudrait vraiment être sourd et aveugle pour ne pas déceler malgré tout un talent certain chez cet iconoclaste et peu consensuel combo ! Après un début de set massacré par un son sans guitares (" fucking dégueulasse " ?), les quatre desperados soniques montent en puissance, enclenchent la distorsion sur leurs guitares, hurlent comme des dingues dans leurs micros et administrent de sévères raclées à leurs instruments (basse, guitares, caisse claire).
Ce mélange très épicé entre des influences telles que le surf rock vintage, les cinématiques BO d'Ennio Morriconne, le rock 'n roll jusqu'au boutiste tout en restant mélodique et le punk bruitiste finit par provoquer à Bourges ce qu'il provoque partout en France (les tournées à l'arrache ne leur font pas peur) : un intense sentiment d'urgence et de joie. Même si cela aurait pu être beaucoup mieux, Araban a fait ce qu'il fallait pour se faire remarquer par ceux qui étaient présents... Après avoir quitté la scène avec fracas, le groupe laisse sur les planches des instruments éparpillés comme après un combat et son superbe logo éclairé par un néon. A suivre dans des lieux avec une ambiance plus rock 'n roll !
Liens : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/yourhappyend, www.myspace.com/plusguestmusic, www.myspace.com/filiamo, http://www.myspace.com/4quadricolor4, www.myspace.com/thepopopopopsband, www.myspace.com/arabanband...
A lire sur le Printemps de Bourges 2010, des chroniques des concerts de Bosque Brown, Fanfarlo, Midlake, Tunng, Chain And The Gang, Mustang, Ben Sharpa, Gizelle Smith & The Mighty Mocambos, Lexicon, Solillaquists Of Sound, Sexy Sushi, The Bloody Beetroots Death Crew 77 et Crookers , Wave Machines, Royal Bangs, The Love Me Nots, Fool's Gold, Ladylike Dragons, Les Plastiscines, Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra, The Brian Jonestown Massacre, Health, LoneLady, Teenage Bad Girl, The Subs, Gazelle, Koudlam, Iggy & The Stooges, The Black Box Revelation...
Photos Araban, Plus Guest, Filiamotsa, Quadricolor : Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com (sauf certaines photos, voir crédits en bas de photos)
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